{"id":4389,"date":"2017-01-12T10:25:08","date_gmt":"2017-01-12T10:25:08","guid":{"rendered":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/?p=4389"},"modified":"2017-01-12T10:25:08","modified_gmt":"2017-01-12T10:25:08","slug":"elaboration-dune-strategie-transfusionnelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/elaboration-dune-strategie-transfusionnelle\/","title":{"rendered":"\u00c9laboration d\u2019une strat\u00e9gie transfusionnelle"},"content":{"rendered":"<p><strong>Quand on pr\u00e9voit le recours \u00e0 une technique de transfusion autologue ou<\/strong><strong>\u00e0 l\u2019EPO,<\/strong><\/p>\n<p><strong>l\u2019\u00e9laboration de la strat\u00e9gie transfusionnelle doit \u00eatre adapt\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>aux pertes pr\u00e9visibles pour le type d\u2019intervention et aux caract\u00e9ristiques\u00a0<\/strong><strong>du patient. Une telle d\u00e9marche est incompatible avec un syst\u00e8me de\u00a0<\/strong><strong>commande standardis\u00e9e des CGR, telle qu\u2019elle est notamment r\u00e9alis\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>par le syst\u00e8me nord-am\u00e9ricain avec le maximum surgical blood ordering\u00a0<\/strong><strong>schedule (MSBOS),<\/strong><\/p>\n<p><strong>qui est une liste nationale du nombre des concentr\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>globulaires \u00e0 pr\u00e9voir en ne prenant en compte que le type d\u2019intervention.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce syst\u00e8me trouve sa l\u00e9gitimation dans le fait qu\u2019aux \u00c9tats-Unis et au\u00a0<\/strong><strong>Canada, le sang homologue n\u2019est d\u00e9livr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de soins\u00a0<\/strong><strong>qu\u2019apr\u00e8s \u00e9preuve de compatibilit\u00e9 directe r\u00e9alis\u00e9e en laboratoire. Ce\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e8me qui prend du temps, implique donc de commander\u00a0<\/strong><strong>suffisamment \u00e0 l\u2019avance les CGR que l\u2019on est susceptible d\u2019utiliser.\u00a0<\/strong><strong>Dans ce cadre particulier, et pour des raisons m\u00e9dicojuridiques, les\u00a0<\/strong><strong>quantit\u00e9s de CGR demand\u00e9es pour un programme de TAD se r\u00e9f\u00e8rent\u00a0<\/strong><strong>aussi aux MSBOS, ce qui conduit \u00e0 un taux tr\u00e8s important (tr\u00e8s souvent\u00a0<\/strong><strong>sup\u00e9rieur \u00e0 50 %) de non-utilisation [69]. En revanche, quand le sang\u00a0<\/strong><strong>homologue est attribu\u00e9 en fonction des recherches d\u2019agglutinines\u00a0<\/strong><strong>irr\u00e9guli\u00e8res (RAI), comme c\u2019est le cas en France, il est plus facile\u00a0<\/strong><strong>d\u2019adapter les commandes homologues aux besoins particuliers de\u00a0<\/strong><strong>chaque patient. Il en r\u00e9sulte secondairement que, dans le cadre d\u2019un\u00a0<\/strong><strong>programme de TAD, on est moins g\u00ean\u00e9 pour commander des quantit\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>minimales de CGR, puisque l\u2019on est pas li\u00e9 juridiquement \u00e0 des\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9f\u00e9rences nationales.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9valuation<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les grandes enqu\u00eates, comme Sanguis [173], ont montr\u00e9 que les besoins\u00a0<\/strong><strong>en sang, pour une intervention donn\u00e9e, sont tr\u00e8s variables d\u2019une \u00e9quipe\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 l\u2019autre. La conf\u00e9rence de consensus SFAR-ANDEM [168] consid\u00e8re\u00a0<\/strong><strong>donc que la premi\u00e8re \u00e9tape de l\u2019\u00e9laboration d\u2019une strat\u00e9gie\u00a0<\/strong><strong>transfusionnelle adapt\u00e9e est une \u00e9valuation. Cette \u00e9valuation doit porter\u00a0<\/strong><strong>sur la connaissance du volume moyen des pertes sanguines \u00e0 l\u2019occasion\u00a0<\/strong><strong>de chaque type d\u2019intervention pratiqu\u00e9 usuellement par l\u2019\u00e9quipe\u00a0<\/strong><strong>chirurgicale. Pour cela, on reprend les dossiers transfusionnels des dix\u00a0<\/strong><strong>derni\u00e8res interventions du m\u00eame type, et on d\u00e9termine pour chacun des\u00a0<\/strong><strong>dix cas quelles ont \u00e9t\u00e9 les pertes sanguines r\u00e9elles. Les pertes r\u00e9elles ne\u00a0<\/strong><strong>sont pas les pertes mesur\u00e9es en salle d\u2019op\u00e9ration et au niveau des drains.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces pertes mesur\u00e9es sous-estiment en effet toujours, et parfois de\u00a0<\/strong><strong>beaucoup, les pertes r\u00e9elles. Les pertes r\u00e9elles qui, paradoxalement, sont\u00a0<\/strong><strong>donc calcul\u00e9es, repr\u00e9sentent la somme :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 des pertes autoris\u00e9es par l\u2019abaissement du seuil transfusionnel ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 des quantit\u00e9s de sang (autologue et\/ou homologue) qui ont \u00e9t\u00e9\u00a0<\/strong><strong>apport\u00e9es durant l\u2019intervention et durant les 2-3 jours qui suivent.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pertes totales = pertes autoris\u00e9es + volume de sang transfus\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le plus simple, pour r\u00e9aliser ce calcul, est de convertir tous les volumes\u00a0<\/strong><strong>de sang en volumes de GR (Ht = 100 %). Ensuite, on convertit\u00a0<\/strong><strong>\u00e9ventuellement le volume de GR en \u00e9quivalent d\u2019unit\u00e9s de sang\u00a0<\/strong><strong>homologue (1 unit\u00e9 de sang homologue =170 mL de GR).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour les pertes autoris\u00e9es :\u00a0<\/strong><strong>le volume de GR = Vth \u00b4 (Hi &#8211; Hf)\u00a0<\/strong><strong>o\u00f9 Vth = volume sanguin th\u00e9orique ; Hi = Ht initial (au d\u00e9but de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019intervention) ; Hf = Ht final (2-3 jours apr\u00e8s l\u2019intervention).<\/strong><\/p>\n<p><strong>En ce qui concerne le sang autologue, il faut tenir compte du fait que\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Ht des poches pour TAD est souvent tr\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 celui des unit\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>homologues (1 CGR autologue = 140 mL de GR).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un exemple de calcul des pertes totales est repr\u00e9sent\u00e9 sur le tableau III.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Strat\u00e9gie individualis\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p><strong>Une fois cette \u00e9valuation r\u00e9alis\u00e9e, on peut alors envisager l\u2019\u00e9laboration\u00a0<\/strong><strong>d\u2019une v\u00e9ritable strat\u00e9gie qui ne se con\u00e7oit que patient par patient, lors\u00a0<\/strong><strong>de la consultation pr\u00e9anesth\u00e9sique. Elle se subdivise elle-m\u00eame en\u00a0<\/strong><strong>plusieurs \u00e9tapes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u00e9termination des pertes qui seront autoris\u00e9es\u00a0<\/strong><strong>sans apport compl\u00e9mentaire<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cela commence par la fixation du seuil transfusionnel (Hf), en tenant\u00a0<\/strong><strong>compte du terrain du patient. Il est aussi n\u00e9cessaire de conna\u00eetre son\u00a0poids et son Ht au moment de la consultation pr\u00e9anesth\u00e9sique. Ces\u00a0<\/strong><strong>chiffres permettent alors de d\u00e9terminer les pertes autoris\u00e9es qui sont,\u00a0<\/strong><strong>rappelons-le, les pertes sanguines perop\u00e9ratoires acceptables par simple\u00a0<\/strong><strong>abaissement du seuil transfusionnel et sans que l\u2019on ait recours \u00e0 un\u00a0<\/strong><strong>apport compl\u00e9mentaire de GR.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelle strat\u00e9gie adopter quand les pertes pr\u00e9visibles\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>sont sup\u00e9rieures aux pertes autoris\u00e9es ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans cette situation, il faut alors envisager un apport compl\u00e9mentaire\u00a0<\/strong><strong>autologue ou homologue, suivant le terrain du patient et\/ou les\u00a0<\/strong><strong>possibilit\u00e9s locales.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Apport compl\u00e9mentaire autologue<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 Si l\u2019Ht initial du patient et le d\u00e9lai de l\u2019intervention le permettent, la\u00a0<\/strong><strong>technique la plus efficace est indiscutablement la programmation d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>TAD. Il faut simplement se rappeler qu\u2019une TAD standard procure un\u00a0<\/strong><strong>suppl\u00e9ment de GR \u00e9quivalant \u00e0 50-60 % du volume de GR pr\u00e9lev\u00e9, et\u00a0<\/strong><strong>une TAD par aph\u00e9r\u00e8se \u00e0 65 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 Si le patient est jeune mais trop an\u00e9mi\u00e9 pour que l\u2019on puisse envisager\u00a0<\/strong><strong>raisonnablement une TAD, un traitement par rh EPO peut \u00eatre institu\u00e9,\u00a0<\/strong><strong>avec ou sans TAD. Le simple fait de remonter l\u2019Ht au-dessus de 40 %\u00a0<\/strong><strong>peut augmenter suffisamment le volume des pertes autoris\u00e9es pour se\u00a0<\/strong><strong>passer d\u2019un apport compl\u00e9mentaire de GR.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 Si les conditions locales et chirurgicales le permettent, on pourra avoir\u00a0<\/strong><strong>recours \u00e0 une r\u00e9cup\u00e9ration perop\u00e9ratoire avec lavage. En dehors d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>chirurgie h\u00e9morragique du membre inf\u00e9rieur r\u00e9alis\u00e9e sous garrot, la\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9cup\u00e9ration postop\u00e9ratoire est, en g\u00e9n\u00e9ral, de tr\u00e8s peu d\u2019utilit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 Une HDNV peut diminuer le volume des pertes sanguines\u00a0<\/strong><strong>perop\u00e9ratoires si le terrain permet d\u2019abaisser suffisamment l\u2019Ht avant et\u00a0<\/strong><strong>pendant l\u2019intervention. Mais il s\u2019agit alors d\u2019une technique longue et\u00a0<\/strong><strong>laborieuse, dont nous avons vu plus haut le faible rendement.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 Il est enfin possible d\u2019envisager des associations de techniques.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019association d\u2019une TAD \u00e0 une r\u00e9cup\u00e9ration perop\u00e9ratoire est logique,\u00a0<\/strong><strong>parce que les gains s\u2019additionnent. Il en est vraisemblablement de m\u00eame\u00a0<\/strong><strong>pour l\u2019association d\u2019un traitement par rh EPO et d\u2019une HDNV.<\/strong><\/p>\n<p><strong>En\u00a0<\/strong><strong>revanche, une association d\u2019une HDNV et d\u2019une r\u00e9cup\u00e9ration\u00a0<\/strong><strong>perop\u00e9ratoire est nettement moins logique et probablement peu efficace,\u00a0<\/strong><strong>dans la mesure o\u00f9 l\u2019HDNV a pour seule justification de diminuer la\u00a0<\/strong><strong>quantit\u00e9 des GR perdus dans le champ op\u00e9ratoire, ce qui, ipso facto,\u00a0<\/strong><strong>diminue la quantit\u00e9 de GR \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer ! L\u2019association TAD et HDNV\u00a0<\/strong><strong>n\u2019est pas non plus tr\u00e8s logique, car le programme de pr\u00e9l\u00e8vements de la\u00a0<\/strong><strong>TAD abaisse l\u2019Ht pr\u00e9op\u00e9ratoire ce qui diminue le rendement de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019HDNV.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Apport compl\u00e9mentaire homologue<\/strong><\/p>\n<p><strong>Si le patient a plus de 70-75 ans, et\/ou s\u2019il vit loin d\u2019un centre de\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9l\u00e8vement, la solution la plus simple et la plus logique est encore le\u00a0<\/strong><strong>recours au sang homologue. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, ce raisonnement\u00a0<\/strong><strong>est applicable \u00e0 toutes les situations o\u00f9 l\u2019esp\u00e9rance de vie est inf\u00e9rieure\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 10 ans [4].<\/strong><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"614\"><strong>Ce qu\u2019il faut retenir<\/strong><strong>&#8211;<\/strong> <strong>Malgr\u00e9 de nombreuses RBPC, les pratiques transfusionnelles en chirurgie restent tr\u00e8s variables d\u2019une \u00e9quipe \u00e0 l\u2019autre.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>La physiologie du TO2 sugg\u00e8re fortement que le seuil transfusionnel ne peut \u00eatre une valeur unique de la concentration de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Hb. Quand l\u2019Hb est comprise entre 7 et 10 g\/dL, la d\u00e9cision de transfuser doit prendre en compte les diff\u00e9rents facteurs\u00a0<\/strong><strong>connus pour modifier la tol\u00e9rance \u00e0 l\u2019an\u00e9mie, ainsi que l\u2019\u00e9volutivit\u00e9 du processus h\u00e9morragique et les moyens de\u00a0<\/strong><strong>surveillance disponibles.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>Dans le cadre d\u2019un programme de TAD, trois pr\u00e9l\u00e8vements r\u00e9alis\u00e9s entre j<\/strong><strong>&#8211;<\/strong><strong>20 et j<\/strong><strong>&#8211;<\/strong><strong>10 permettent une \u00e9conomie de pr\u00e8s de\u00a0<\/strong><strong>2 CGR homologues. Cette technique n\u2019est pas recommand\u00e9e par l\u2019ANAES quand l\u2019esp\u00e9rance de vie est inf\u00e9rieure \u00e0\u00a0<\/strong><strong>10 ans.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>Dans le cadre d\u2019un programme de TAD, une aph\u00e9r\u00e8se r\u00e9alis\u00e9e 3 semaines avant l\u2019op\u00e9ration, permet le pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>quantit\u00e9 de GR \u00e9quivalente \u00e0 celle de deux ou trois pr\u00e9l\u00e8vements standards. Cette technique limite le nombre des\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9placements et des examens, et semble augmenter la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des GR avant l\u2019op\u00e9ration.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>La seule contre-indication m\u00e9dicale formelle \u00e0 une TAD est la pr\u00e9sence r\u00e9elle ou potentielle d\u2019une infection.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>L\u2019h\u00e9modilution pr\u00e9op\u00e9ratoire ne pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat que si elle abaisse l\u2019Hb au-dessous de 9 g\/dL et si les pertes sanguines\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9visibles sont bien sup\u00e9rieures \u00e0 30 % du volume sanguin th\u00e9orique. M\u00eame dans ces conditions, son rendement est\u00a0<\/strong><strong>moindre que celui de la TAD.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>L\u2019efficacit\u00e9 de la r\u00e9cup\u00e9ration perop\u00e9ratoire n\u2019a v\u00e9ritablement \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie que dans le cadre de la chirurgie cardiaque et\u00a0<\/strong><strong>aortique. Sauf en cas de risque vital, cette technique est d\u00e9conseill\u00e9e pour la chirurgie carcinologique ou quand le champ\u00a0<\/strong><strong>op\u00e9ratoire est infect\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>La r\u00e9cup\u00e9ration postop\u00e9ratoire a actuellement peu d\u2019indications, en dehors de la chirurgie proth\u00e9tique du genou r\u00e9alis\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>sous garrot.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>Les techniques de r\u00e9cup\u00e9ration p\u00e9riop\u00e9ratoires doivent \u00eatre encadr\u00e9es par des proc\u00e9dures d\u2019assurance de la qualit\u00e9,\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9finies dans la circulaire AFS-DGS de janvier 1997.<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>La rh EPO est indiqu\u00e9e en p\u00e9riode p\u00e9riop\u00e9ratoire, chez des patients dont l\u2019Hb est comprise entre 10 et 13 g\/dL, que ce soit\u00a0<\/strong><strong>ou non dans le cadre d\u2019une TAD. L\u2019administration de 600 UI\/kg, par voie sous-cutan\u00e9e, au rythme d\u2019une fois par semaine,\u00a0<\/strong><strong>est probablement la posologie la plus efficiente. La relation surco\u00fbt-efficacit\u00e9 de l\u2019EPO devrait \u00eatre encore bien plus\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9favorable que celle de la TAD<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211;<\/strong> <strong>L\u2019\u00e9laboration d\u2019une strat\u00e9gie transfusionnelle doit prendre en compte le type d\u2019intervention et les caract\u00e9ristiques physiopathologiques\u00a0<\/strong><strong>de chaque patient. Les techniques autologues, ou la prescription de rh EPO, ne sont \u00e0 discuter que lorsque les\u00a0<\/strong><strong>pertes sanguines pr\u00e9visibles pour ce type d\u2019intervention sont sup\u00e9rieures aux pertes autoris\u00e9es par l\u2019abaissement du seuil\u00a0<\/strong><strong>transfusionnel.<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Information et consentement du patient<\/strong><\/p>\n<p><strong>Compte tenu de son estimation, ainsi que des possibilit\u00e9s de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019\u00e9tablissement de soins et de son environnement, le m\u00e9decin\u00a0<\/strong><strong>anesth\u00e9siste peut alors discuter avec le patient des solutions\u00a0<\/strong><strong>raisonnablement possibles, avant de d\u00e9cider avec lui de celle qui sera\u00a0<\/strong><strong>finalement choisie.\u00c0cette occasion, il lui remettra la feuille de la SFAR\u00a0<\/strong><strong>ou celle du Minist\u00e8re de la sant\u00e9 concernant l\u2019information des patients\u00a0<\/strong><strong>qui doivent \u00eatre transfus\u00e9s, ou toute autre feuille d\u2019information \u00e9labor\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>par son \u00e9quipe ou son \u00e9tablissement en s\u2019inspirant de ces documents.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cette discussion avec le patient est consid\u00e9r\u00e9e maintenant comme une\u00a0<\/strong><strong>\u00e9tape in\u00e9vitable de l\u2019\u00e9laboration d\u2019une strat\u00e9gie transfusionnelle.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 Il n\u2019existe pas de strat\u00e9gie transfusionnelle universellement\u00a0<\/strong><strong>applicable, et ceci pour plusieurs raisons :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 le seuil transfusionnel est multifactoriel et ne peut \u00eatre fix\u00e9 de\u00a0<\/strong><strong>fa\u00e7on suffisamment pr\u00e9cise. D\u2019une part, il n\u2019existe aucune \u00e9tude\u00a0<\/strong><strong>de niveau I ou II indiquant pour quel Ht une transfusion am\u00e9liore\u00a0<\/strong><strong>les suites chirurgicales. D\u2019autre part, le contexte clinique appara\u00eet\u00a0<\/strong><strong>souvent plus important \u00e0 prendre en compte que les seules\u00a0<\/strong><strong>valeurs de l\u2019Ht et\/ou de la concentration d\u2019Hb, pour d\u00e9cider de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019indication d\u2019une transfusion ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 en quelques ann\u00e9es<\/strong><strong>,<\/strong><strong>la qualit\u00e9 des produits<\/strong><\/p>\n<p><strong>sanguins\u00a0<\/strong><strong>homologues s\u2019est consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e, particuli\u00e8rement\u00a0<\/strong><strong>en France.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c0 titre d\u2019exemple, le risque de transmission\u00a0<\/strong><strong>transfusionnelle du virus de l\u2019h\u00e9patite C est actuellement estim\u00e9\u00a0<\/strong><strong>100 fois plus faible qu\u2019il y a 4 ans (1\/350 000 contre 1\/3 000). De\u00a0<\/strong><strong>ce fait, il est maintenant impossible de comparer objectivement,\u00a0<\/strong><strong>par des \u00e9tudes cliniques, les risques li\u00e9s aux diverses strat\u00e9gies\u00a0<\/strong><strong>transfusionnelles, et de faire des choix en tenant compte de\u00a0<\/strong><strong>diff\u00e9rences dans l\u2019incidence des effets ind\u00e9sirables qui auraient\u00a0<\/strong><strong>\u00e9t\u00e9 valid\u00e9s scientifiquement. Ceci laisse donc une large part \u00e0 la\u00a0<\/strong><strong>fa\u00e7on dont les m\u00e9decins prescripteurs et leurs patients per\u00e7oivent\u00a0<\/strong><strong>les diff\u00e9rents risques et conduit, in fine, \u00e0 des comportements\u00a0<\/strong><strong>diff\u00e9rents ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 sauf situations immunologiques exceptionnelles laissant\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9voir la possibilit\u00e9 d\u2019une impasse th\u00e9rapeutique, il n\u2019y a pas lieu\u00a0<\/strong><strong>d\u2019envisager une technique autologue quand les pertes pr\u00e9visibles\u00a0<\/strong><strong>sont inf\u00e9rieures aux pertes autoris\u00e9es par le seul abaissement du\u00a0<\/strong><strong>seuil transfusionnel ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 de toutes les techniques de transfusion autologue, la TAD\u00a0<\/strong><strong>appara\u00eet comme la plus efficace pour limiter le recours au sang\u00a0<\/strong><strong>homologue. Toutefois, la mise en pratique de cette technique\u00a0<\/strong><strong>demande une tr\u00e8s bonne organisation et reste tr\u00e8s largement\u00a0<\/strong><strong>tributaire des possibilit\u00e9s locales. De plus, un d\u00e9bat s\u2019est engag\u00e9\u00a0<\/strong><strong>depuis 3 ans sur le bien-fond\u00e9 du recours \u00e0 cette technique, dans\u00a0<\/strong><strong>certaines circonstances, du fait de sa lourdeur, de ses risques\u00a0<\/strong><strong>propres qui sont mieux connus maintenant, et de son mauvais\u00a0<\/strong><strong>rapport co\u00fbt-efficacit\u00e9 en termes de sant\u00e9 publique. N\u00e9anmoins,\u00a0<\/strong><strong>en cas de p\u00e9nurie de sang homologue, la TAD est susceptible de\u00a0<\/strong><strong>constituer un appoint d\u00e9cisif ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019HDNV n\u2019est r\u00e9elle que<\/strong><\/p>\n<p><strong>si le nombre de\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9l\u00e8vements<\/strong><strong>effectu\u00e9s est<\/strong><strong>suffisant pour ramener\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Ht pr\u00e9op\u00e9ratoire<\/strong><strong>\u00e0 moins de 28 % et les pertes sanguines\u00a0<\/strong><strong>sup\u00e9rieures au volume pr\u00e9lev\u00e9. Ceci implique le pr\u00e9l\u00e8vement de<\/strong><strong>4 ou 5 unit\u00e9s chez un homme de 75 kg.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il s\u2019agit \u00e0 l\u2019\u00e9vidence d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>manoeuvre longue et qui n\u2019est probablement pas anodine. En\u00a0<\/strong><strong>revanche, le pr\u00e9l\u00e8vement de 1 \u00e0 2 unit\u00e9s n\u2019a jamais pu faire la\u00a0<\/strong><strong>preuve de son efficacit\u00e9, ce qui n\u2019est pas \u00e9tonnant parce qu\u2019en\u00a0<\/strong><strong>th\u00e9orie, le b\u00e9n\u00e9fice que l\u2019on en attend est tr\u00e8s faible. Cette\u00a0<\/strong><strong>technique est assez peu utilis\u00e9e en France dans le secteur\u00a0<\/strong><strong>public [115].<\/strong><strong>Elle peut trouver un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat avec des\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9l\u00e8vements plus importants, la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9lever l\u2019Ht initial par\u00a0<\/strong><strong>l\u2019administration de rh EPO et, \u00e0 l\u2019avenir, l\u2019utilisation concomitante\u00a0<\/strong><strong>d\u2019un transporteur d\u2019oxyg\u00e8ne ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 la r\u00e9cup\u00e9ration perop\u00e9ratoire appara\u00eet indiscutablement\u00a0<\/strong><strong>efficace, mais souvent limit\u00e9e.Commeil est recommand\u00e9 de laver\u00a0<\/strong><strong>le sang r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 pendant l\u2019intervention, cette technique n\u00e9cessite\u00a0<\/strong><strong>un investissement en mat\u00e9riel relativement \u00e9lev\u00e9, ce qui implique\u00a0<\/strong><strong>pour son amortissement des indications fr\u00e9quentes. De ce fait,\u00a0<\/strong><strong>elle ne peut \u00eatre accessible \u00e0 tous les centres chirurgicaux ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 l\u2019introduction des rh EPO dans la pratique chirurgicale est\u00a0<\/strong><strong>probablement actuellement le fait majeur en mati\u00e8re de\u00a0<\/strong><strong>transfusion. L\u2019utilisation de ces produits est encore limit\u00e9e par leur\u00a0<\/strong><strong>co\u00fbt et une \u00e9valuation encore incompl\u00e8te de leurs effets\u00a0<\/strong><strong>ind\u00e9sirables. Mais quand leur posologie et leurs indications auront\u00a0<\/strong><strong>\u00e9t\u00e9 bien pr\u00e9cis\u00e9es, ces produits seront in\u00e9vitablement moins\u00a0<\/strong><strong>on\u00e9reux, et seront alors susceptibles de profond\u00e9ment modifier la\u00a0<\/strong><strong>strat\u00e9gie transfusionnelle pour les patients de chirurgie ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 quant \u00e0 la place des transporteurs d\u2019oxyg\u00e8ne (solution d\u2019Hb ou\u00a0<\/strong><strong>fluorocarbones), on ne la conna\u00eetra pas v\u00e9ritablement avant\u00a0<\/strong><strong>d\u2019assez nombreuses ann\u00e9es.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on pr\u00e9voit le recours \u00e0 une technique de transfusion autologue ou\u00e0 l\u2019EPO, l\u2019\u00e9laboration de la strat\u00e9gie transfusionnelle doit \u00eatre adapt\u00e9e\u00a0aux pertes pr\u00e9visibles pour le type d\u2019intervention et aux caract\u00e9ristiques\u00a0du patient. Une telle d\u00e9marche est incompatible avec un syst\u00e8me de\u00a0commande standardis\u00e9e des CGR, telle qu\u2019elle est notamment r\u00e9alis\u00e9e\u00a0par le syst\u00e8me nord-am\u00e9ricain avec le maximum surgical [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56,60,61],"tags":[],"class_list":["post-4389","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-biologie-fr","category-hematologie-fr","category-transfusion-sanguine-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4389","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4389"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4389\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4390,"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4389\/revisions\/4390"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4389"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4389"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4389"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}