{"id":4397,"date":"2017-01-12T10:28:51","date_gmt":"2017-01-12T10:28:51","guid":{"rendered":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/?p=4397"},"modified":"2017-01-12T10:28:51","modified_gmt":"2017-01-12T10:28:51","slug":"accidents-immunologiques-de-la-transfusion-sanguine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/accidents-immunologiques-de-la-transfusion-sanguine\/","title":{"rendered":"Accidents immunologiques  de la transfusion sanguine"},"content":{"rendered":"<p><strong>Anne Mercadier : Praticien hospitalier<\/strong><\/p>\n<p><strong>Jacques Baudelot : Praticien hospitalier, directeur du Centre d\u00e9partemental de transfusion sanguine\u00a0<\/strong><strong>de la Seine-Saint-Denis<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00f4pital Avicenne, 125, rue de Stalingrad, 93009 Bobigny France<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>La transfusion de produits sanguins est un acte qui impose rigueur et vigilance. En effet,\u00a0<\/strong><strong>les produits sanguins labiles sont des produits d&rsquo;origine humaine, chacun d&rsquo;entre eux\u00a0<\/strong><strong>provenant d&rsquo;un donneur diff\u00e9rent.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ainsi, la transfusion de chacun d&rsquo;entre eux renouvelle le\u00a0<\/strong><strong>risque th\u00e9rapeutique. Une meilleure connaissance des fr\u00e9quences, des causes, et des\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9canismes des accidents immunologiques et infectieux de la transfusion, devrait\u00a0<\/strong><strong>permettre de mieux poser les indications et d&rsquo;accro\u00eetre la s\u00e9curit\u00e9 transfusionnelle<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>ACCIDENTS IMMUNOLOGIQUES<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les accidents immunologiques secondaires aux transfusions de produits sanguins sont li\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes humoraux et\/ou cellulaires. L&rsquo;introduction dans l&rsquo;organisme du\u00a0<\/strong><strong>receveur, d&rsquo;antig\u00e8nes (et plus exceptionnellement d&rsquo;anticorps) allo-incompatibles est\u00a0<\/strong><strong>\u00e9rythrocytaires, leuco-plaquettaires ou prot\u00e9iques. Des m\u00e9canismes cellulaires sont\u00a0<\/strong><strong>incrimin\u00e9s dans la maladie du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te et dans l&rsquo;immunomodulation observ\u00e9es\u00a0<\/strong><strong>chez certains receveurs de produits sanguins.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Accidents dus aux antig\u00e8nes \u00e9rythrocytaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>La connaissance des groupes sanguins<\/strong><\/p>\n<p><strong>et la compr\u00e9hension des incompatibilit\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>\u00e9rythrocytaires ont amen\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir des r\u00e8gles de s\u00e9curit\u00e9 transfusionnelle pour la\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9vention des accidents immunologiques. La l\u00e9gislation impose deux d\u00e9terminations de\u00a0<\/strong><strong>groupe sanguin ABO et Rh\u00e9sus D sur deux pr\u00e9l\u00e8vements diff\u00e9rents, une recherche\u00a0<\/strong><strong>d&rsquo;agglutinines irr\u00e9guli\u00e8res de moins de 3 jours (d\u00e9pistant les anticorps anti\u00e9rythrocytaires\u00a0<\/strong><strong>autres que ceux du syst\u00e8me ABO, imposant en cas de positivit\u00e9 la d\u00e9livrance de\u00a0<\/strong><strong>concentr\u00e9s \u00e9rythrocytaires (CGR) compatibilit\u00e9s). De plus, un contr\u00f4le ultime au lit du\u00a0<\/strong><strong>malade (v\u00e9rification des groupes ABO du patient et des CGR \u00e0 transfuser) est obligatoire.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le respect de la l\u00e9gislation devrait permettre d&rsquo;\u00e9viter ces accidents [35].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Antig\u00e8nes \u00e9rythrocytaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces antig\u00e8nes sont des complexes mol\u00e9culaires glycoprot\u00e9iques et glycolipidiques int\u00e9gr\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 l&rsquo;architecture de la membrane des \u00e9rythrocytes. Ils sont g\u00e9n\u00e9tiquement d\u00e9termin\u00e9s. Les\u00a0<\/strong><strong>antig\u00e8nes sont capables d&rsquo;induire la formation d&rsquo;anticorps, et le pouvoir immunog\u00e8ne d&rsquo;un\u00a0<\/strong><strong>antig\u00e8ne est fonction de sa capacit\u00e9 d&rsquo;induction de l&rsquo;anticorps correspondant.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Syst\u00e8me ABO<\/strong><\/p>\n<p><strong>La particularit\u00e9 de ce syst\u00e8me r\u00e9side dans le fait qu&rsquo;il existe, en dehors de toute\u00a0<\/strong><strong>stimulation, des anticorps naturels anti-A et\/ou anti-B \u00e0 l&rsquo;origine des accidents. Ces\u00a0<\/strong><strong>derniers sont toujours \u00e9vitables, leur survenue \u00e9tant due \u00e0 une erreur d&rsquo;identification du\u00a0<\/strong><strong>tube lors du pr\u00e9l\u00e8vement pour groupage sanguin, une erreur de destination du CGR\u00a0<\/strong><strong>(contr\u00f4le ultime au lit du malade non fait ou mal interpr\u00e9t\u00e9) ou plus rarement une erreur\u00a0<\/strong><strong>de laboratoire et dans tous ces cas un non-respect de la l\u00e9gislation. Ils demeurent\u00a0<\/strong><strong>fr\u00e9quents : une statistique am\u00e9ricaine estime l&rsquo;erreur \u00e0 1 pour 12 000 produits sanguins\u00a0<\/strong><strong>distribu\u00e9s [36].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Autres syst\u00e8mes \u00e9rythrocytaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les alloantig\u00e8nes sont reconnus par des anticorps sp\u00e9cifiques dits alloanticorps, produits\u00a0<\/strong><strong>chez les individus d\u00e9pourvus de l&rsquo;antig\u00e8ne consid\u00e8re. Ils sont g\u00e9n\u00e9tiquement d\u00e9termin\u00e9s et\u00a0<\/strong><strong>expriment la variation g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;esp\u00e8ce. Les principaux antig\u00e8nes\u00a0<\/strong><strong>\u00e9rythrocytaires sont les antig\u00e8nes D, C, c, E, E du syst\u00e8me Rh\u00e9sus, les antig\u00e8nes K, k du\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e8me Kell, les antig\u00e8nes Fya, Fyb du syst\u00e8me Duffy, les antig\u00e8nes M, N, S, s du\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e8me MNS, les antig\u00e8nes Jka, Jkb du syst\u00e8me Kidd, les antig\u00e8nes Lua, Lub du syst\u00e8me\u00a0<\/strong><strong>Lutheran&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><strong>Par ailleurs, ils existent des antig\u00e8nes priv\u00e9s de fr\u00e9quence extr\u00eamement faible ce qui les\u00a0<\/strong><strong>diff\u00e9rencie des antig\u00e8nes publics d\u00e9crits ci-dessus.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Anticorps anti\u00e9rythrocytaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>Anticorps naturels<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce sont des anticorps susceptibles de pr\u00e9exister chez les individus en dehors de toute\u00a0<\/strong><strong>stimulation transfusionnelle ou foetomaternelle. Ces anticorps naturels peuvent \u00eatre\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9guliers ou irr\u00e9guliers.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les anticorps naturels sont dits \u00a0\u00bb r\u00e9guliers \u00a0\u00bb quand ils existent constamment chez l&rsquo;individu\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9pourvu de l&rsquo;antig\u00e8ne correspondant. C&rsquo;est le cas des anticorps anti-A et anti-B du\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e8me ABO qui sont toujours pr\u00e9sents chez les individus respectivement d\u00e9pourvus de\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;antig\u00e8ne A et\/ou de l&rsquo;antig\u00e8ne B. De ce fait, seul le respect du caract\u00e8re isogroupe ABO\u00a0<\/strong><strong>de la transfusion permet une pr\u00e9vention totale des accidents dans ce syst\u00e8me.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les anticorps naturels sont dits \u00a0\u00bb irr\u00e9guliers \u00a0\u00bb lorsque leur pr\u00e9sence est inconstante chez\u00a0<\/strong><strong>les individus d\u00e9pourvus de l&rsquo;antig\u00e8ne correspondant comme c&rsquo;est le cas, par exemple, de\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;anticorps anti-Lewis que l&rsquo;on ne retrouve que chez certains individus Lewis n\u00e9gatifs.\u00a0<\/strong><strong>Certains sont \u00a0\u00bb dangereux \u00ab\u00a0, essentiellement les anticorps anti-Lea et anti-Lex\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9molysants, susceptibles d&rsquo;induire un accident transfusionnel et n\u00e9cessitent une s\u00e9lection\u00a0<\/strong><strong>ph\u00e9notypique des CGR \u00e0 transfuser ; les autres, moins dangereux dans l&rsquo;imm\u00e9diat,\u00a0<\/strong><strong>peuvent cependant entra\u00eener un raccourcissement de la dur\u00e9e de vie des globules rouges\u00a0<\/strong><strong>transfus\u00e9s. D&rsquo;autres anticorps naturels \u00a0\u00bb irr\u00e9guliers \u00a0\u00bb :<\/strong><strong>ceux des syst\u00e8mes P1, M, ou N sont\u00a0<\/strong><strong>rarement actifs \u00e0 37 \u00b0C et sont de ce fait le plus souvent sans int\u00e9r\u00eat transfusionnel. Seule\u00a0<\/strong><strong>une chirurgie en hypothermie impose une s\u00e9lection ph\u00e9notypique des CGR.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les anticorps publics sont des anticorps naturels \u00a0\u00bb r\u00e9guliers \u00a0\u00bb particuliers. Ils sont pr\u00e9sents\u00a0<\/strong><strong>en dehors de toute immunisation chez de rares sujets d\u00e9pourvus d&rsquo;un antig\u00e8ne de tr\u00e8s\u00a0<\/strong><strong>haute fr\u00e9quence dit \u00a0\u00bb public \u00a0\u00bb (ph\u00e9notype Bombay, p, pk&#8230;) et sont dangereux car\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9molysants (anti-H, anti-Tja,&#8230;).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Anticorps immuns<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce sont des alloanticorps \u00a0\u00bb irr\u00e9guliers \u00ab\u00a0<\/strong><strong>e t<\/strong><strong>ils n&rsquo;apparaissent<\/strong><\/p>\n<p><strong>qu&rsquo;apr\u00e8s stimulation\u00a0<\/strong><strong>immunologique transfusionnelle ou foetomaternelle.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;analyse statistique des anticorps produits par allo-immunisation chez 2 209 receveurs\u00a0<\/strong><strong>polytransfus\u00e9s par des CGR non ph\u00e9notyp\u00e9s a permis d&rsquo;\u00e9tudier le pouvoir immunog\u00e8ne\u00a0<\/strong><strong>relatif des antig\u00e8nes des autres syst\u00e8mes \u00e9rythrocytaires [48]. L&rsquo;antig\u00e8ne Rh\u00e9sus (D) a le\u00a0<\/strong><strong>plus fort pouvoir immunog\u00e8ne [24]. Suivent par ordre d\u00e9croissant les antig\u00e8nes des autres\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e8mes : K du syst\u00e8me Kell, E et c du syst\u00e8me Rh\u00e9sus, Fya du syst\u00e8me Duffy, Jka du\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e8me Kidd, S du syst\u00e8me MNSs, et ceci ind\u00e9pendamment du nombre de transfusions.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces syst\u00e8mes sont concern\u00e9s dans plus de 70 % des cas d&rsquo;allo-immunisation [32, 49]. La\u00a0<\/strong><strong>fr\u00e9quence des anticorps immuns chez les polytransfus\u00e9s varie de 1,7 % \u00e0 35 % selon les\u00a0<\/strong><strong>s\u00e9ries de malades. Elle d\u00e9pend de la pathologie et du sexe. En fonction de la pathologie,\u00a0<\/strong><strong>un alloanticorps d&rsquo;int\u00e9r\u00eat transfusionnel est retrouv\u00e9 chez 34 % des patients\u00a0<\/strong><strong>dr\u00e9panocytaires polytransfus\u00e9s [55], chez 14 % des patients en bilan pr\u00e9transplantation\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9patique [45], chez 9,5 % des patients en bilan pr\u00e9transplantation r\u00e9nale [8], chez 2 %\u00a0<\/strong><strong>des patients op\u00e9r\u00e9s en chirurgie cardiaque [26]. Le r\u00f4le du sexe doit \u00eatre connu :\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;immunisation est 2 fois plus fr\u00e9quente chez les femmes que chez les hommes\u00a0<\/strong><strong>ind\u00e9pendamment de la grossesse.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mode d&rsquo;action des anticorps<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le mode d&rsquo;action des anticorps est variable. De nombreux facteurs entrent en jeu : le titre\u00a0<\/strong><strong>s\u00e9rique de l&rsquo;anticorps, sa classe et sa sous-classe, sa capacit\u00e9 \u00e0 fixer le compl\u00e9ment et des\u00a0<\/strong><strong>facteurs individuels mal \u00e9lucid\u00e9s, propres au receveur, qui font qu&rsquo;un m\u00eame anticorps\u00a0<\/strong><strong>entra\u00eene des r\u00e9actions h\u00e9molytiques extr\u00eamement diff\u00e9rentes d&rsquo;un sujet \u00e0 l&rsquo;autre. Ces\u00a0<\/strong><strong>anticorps peuvent entra\u00eener, apr\u00e8s leur fixation sur les sites antig\u00e9niques de la membrane\u00a0<\/strong><strong>globulaire, la fixation et l&rsquo;activation s\u00e9quentielle des diff\u00e9rentes fractions (C1 \u00e0 C9) du\u00a0<\/strong><strong>compl\u00e9ment et provoquent directement la lyse des h\u00e9maties dans la circulation (h\u00e9molyse\u00a0<\/strong><strong>intravasculaire). Mais le plus souvent, cette fixation de l&rsquo;anticorps sensibilise les h\u00e9maties\u00a0<\/strong><strong>qui sont phagocyt\u00e9es par le syst\u00e8me \u00e0 phagocytes mononucl\u00e9\u00e9s (r\u00e9ticuloendoth\u00e9lial) et\u00a0<\/strong><strong>plus particuli\u00e8rement celui de la rate (h\u00e9molyse extravasculaire).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cons\u00e9quences cliniques de la transfusion des CGR incompatibles<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elles sont variables, fonction de la destruction plus ou moins rapide et importante des\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9maties [6].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Formes cliniques graves<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les accidents h\u00e9molytiques graves sont<\/strong><\/p>\n<p><strong>souvent dus \u00e0 des h\u00e9molyses intravasculaires\u00a0<\/strong><strong>brutales et massives. Ils \u00e9voluent en trois phases.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Choc initial imm\u00e9diat<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les premiers troubles peuvent \u00eatre une sensation de malaise, une angoisse, des\u00a0<\/strong><strong>c\u00e9phal\u00e9es, une douleur lombaire, une sensation de constriction thoracique, un frisson ou\u00a0<\/strong><strong>une hyperthermie. Rapidement le pouls devient filant et une chute de la tension art\u00e9rielle\u00a0<\/strong><strong>est observ\u00e9e ; des signes d&rsquo;h\u00e9morragie diffuse peuvent appara\u00eetre, traduction d&rsquo;une\u00a0<\/strong><strong>coagulation intravasculaire diss\u00e9min\u00e9e (CIVD). La chute de la tension art\u00e9rielle et des\u00a0<\/strong><strong>signes d&rsquo;h\u00e9morragie en nappe peuvent \u00eatre les seuls signes observ\u00e9s chez un patient\u00a0<\/strong><strong>anesth\u00e9si\u00e9. La survenue d&rsquo;un seul de ces signes d&rsquo;alerte au cours d&rsquo;une transfusion impose\u00a0<\/strong><strong>son arr\u00eat imm\u00e9diat.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans les heures suivantes, appara\u00eet l&rsquo;ict\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les urines<\/strong><strong>\u00e9mises dan<\/strong><strong>s<\/strong><\/p>\n<p><strong>l&rsquo;heure qui suit sont noires, t\u00e9moin de la pr\u00e9sence d&rsquo;h\u00e9moglobine\u00a0<\/strong><strong>libre dans le plasma.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;haptoglobine, qui forme un complexe avec l&rsquo;h\u00e9moglobine libre est\u00a0<\/strong><strong>enti\u00e8rement utilis\u00e9e et son taux plasmatique s&rsquo;effondre. D&rsquo;autre part, l&rsquo;hypercatabolisme\u00a0<\/strong><strong>de l&rsquo;h\u00e9moglobine va entra\u00eener au bout de quelques heures une augmentation du taux\u00a0<\/strong><strong>s\u00e9rique de bilirubine libre avec un ict\u00e8re franc.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au d\u00e9cours, appara\u00eet l&rsquo;insuffisance r\u00e9nale<\/strong><\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;une tentative de diur\u00e8se forc\u00e9e, peut appara\u00eetre une phase d&rsquo;oligoanurie\u00a0<\/strong><strong>progressive de quelques jours suivie d&rsquo;une anurie, fonction de l&rsquo;intensit\u00e9 et de la dur\u00e9e du\u00a0<\/strong><strong>choc initial. Les l\u00e9sions r\u00e9nales d\u00e9coulent plus de l&rsquo;isch\u00e9mie r\u00e9nale secondaire au collapsus\u00a0<\/strong><strong>cardiovasculaire et \u00e9ventuellement de la CIVD que d&rsquo;une toxicit\u00e9 directe de l&rsquo;h\u00e9moglobine\u00a0<\/strong><strong>sur le rein. A ce stade, il est n\u00e9cessaire de recourir \u00e0 des s\u00e9ances d&rsquo;\u00e9puration extrar\u00e9nale.\u00a0<\/strong><strong>Apr\u00e8s un d\u00e9lai de 2 \u00e0 3 semaines, la diur\u00e8se reprend progressivement et la gu\u00e9rison est\u00a0<\/strong><strong>habituellement observ\u00e9e sans s\u00e9quelle.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Formes cliniques mineures<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les formes mineures doivent \u00eatre syst\u00e9matiquement d\u00e9pist\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elles t\u00e9moignent d&rsquo;une\u00a0<\/strong><strong>destruction moins rapide des h\u00e9maties incompatibles et constituent un signe d&rsquo;alarme qui\u00a0<\/strong><strong>doit permettre d&rsquo;\u00e9viter un accident grave lors des transfusions ult\u00e9rieures.<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9action \u00a0\u00bb frisson-hyperthermie \u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>En fin de transfusion ou dans l&rsquo;heure qui suit, une r\u00e9action de type \u00a0\u00bb frisson-hyperthermie \u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>peut \u00eatre le t\u00e9moin d&rsquo;une h\u00e9molyse mineure bien qu&rsquo;elle soit plus souvent due \u00e0 un conflit\u00a0<\/strong><strong>antig\u00e8ne-anticorps leuco-plaquettaires. Cette r\u00e9action peut s&rsquo;accompagner dans les jours\u00a0<\/strong><strong>suivants d&rsquo;un ict\u00e8re d&rsquo;intensit\u00e9 variable avec augmentation du taux de bilirubine libre.<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9molyse retard\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quatre \u00e0 8 jours apr\u00e8s la transfusion est observ\u00e9e une d\u00e9globulisation progressive parfois\u00a0<\/strong><strong>importante, et dans ce cas associ\u00e9e ou non \u00e0 un ict\u00e8re \u00e0 bilirubine libre. Le m\u00e9canisme de\u00a0<\/strong><strong>destruction des h\u00e9maties est variable.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Rarement, il peut s&rsquo;agir d&rsquo;anticorps passifs transmis par le donneur et la\u00a0<\/strong><strong>destruction concerne alors les h\u00e9maties du receveur. Dans ce cas l&rsquo;accident type\u00a0<\/strong><strong>est souvent la transfusion d&rsquo;un malade A, B, ou AB par du sang de groupe O\u00a0<\/strong><strong>poss\u00e9dant des anticorps (h\u00e9molysine) anti-A, et\/ou anti-B de titre \u00e9lev\u00e9, de nature\u00a0<\/strong><strong>immune, \u00e0 activit\u00e9 h\u00e9molytique en pr\u00e9sence de compl\u00e9ment.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le plus souvent il s&rsquo;agit de la destruction des h\u00e9maties du donneur par la\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9activation de l&rsquo;anticorps du receveur d\u00e9j\u00e0 immunis\u00e9 ; l&rsquo;anticorps \u00e9tait \u00e0 un taux\u00a0<\/strong><strong>faible ou ind\u00e9tectable avant la transfusion. Cette derni\u00e8re, en apportant l&rsquo;antig\u00e8ne\u00a0<\/strong><strong>incompatible correspondant, d\u00e9clenche une r\u00e9action anamnestique avec une\u00a0<\/strong><strong>production croissante de l&rsquo;anticorps en cause qui se fixe et lyse progressivement\u00a0<\/strong><strong>les h\u00e9maties.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Transfusions inefficaces<\/strong><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;h\u00e9molyse transfusionnelle peut n&rsquo;entra\u00eener aucun sympt\u00f4me imm\u00e9diat ou retard\u00e9. Seul le\u00a0<\/strong><strong>contr\u00f4le de la num\u00e9ration sanguine syst\u00e9matique montre l&rsquo;inefficacit\u00e9 transfusionnelle. Le\u00a0<\/strong><strong>danger serait de la m\u00e9conna\u00eetre, de poursuivre les transfusions sans faire d&rsquo;examens\u00a0<\/strong><strong>immunoh\u00e9matologiques approfondis.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique<\/strong><\/p>\n<p><strong>En fonction des r\u00e9sultats de la recherche d&rsquo;agglutinines irr\u00e9guli\u00e8res, deux situations sont\u00a0<\/strong><strong>possibles.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Recherche d&rsquo;agglutinines irr\u00e9guli\u00e8res positive<\/strong><\/p>\n<p><strong>La connaissance d&rsquo;anticorps anti\u00e9rythrocytaires d&rsquo;int\u00e9r\u00eat transfusionnel chez un patient \u00e0\u00a0<\/strong><strong>transfuser impose de demander le ph\u00e9notypage \u00e9rythrocytaire \u00e9largi du receveur et de\u00a0<\/strong><strong>s\u00e9lectionner des concentr\u00e9s \u00e9rythrocytaires ph\u00e9notyp\u00e9s et compatibilit\u00e9s avec le s\u00e9rum de\u00a0<\/strong><strong>ce dernier. En effet, il est imp\u00e9ratif que les globules rouges du donneur n&rsquo;introduisent pas\u00a0<\/strong><strong>dans l&rsquo;organisme l&rsquo;antig\u00e8ne correspondant \u00e0 l&rsquo;alloanticorps. Ces transfusions doivent \u00eatre\u00a0<\/strong><strong>\u00e9troitement surveill\u00e9es sur le plan clinique et biologique et il faudra s&rsquo;assurer de leur\u00a0<\/strong><strong>efficacit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Recherche d&rsquo;agglutinines irr\u00e9guli\u00e8res n\u00e9gative<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans ce cas le receveur n&rsquo;a, a priori, pas d&rsquo;anticorps anti\u00e9rythrocytaires. A titre pr\u00e9ventif,\u00a0<\/strong><strong>les patients qui auront dans le futur des stimulations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es devront recevoir\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e9matiquement des CGR ph\u00e9notyp\u00e9s. Le plus souvent il s&rsquo;agit de sujets qui recevront\u00a0<\/strong><strong>des transfusions it\u00e9ratives (dr\u00e9panocytaire, thalass\u00e9mique&#8230;.), de polytransfus\u00e9s et de\u00a0<\/strong><strong>sujets en attente de transplantation.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ainsi toute transfusion est potentiellement dangereuse, a fortiori si elle s&rsquo;av\u00e9rait inutile. Il\u00a0<\/strong><strong>faut toujours s&rsquo;assurer du bien-fond\u00e9 de la transfusion des CGR par concertation avec le\u00a0<\/strong><strong>clinicien.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Accidents dus aux antig\u00e8nes leuco-plaquettaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>De la m\u00eame fa\u00e7on que les \u00e9rythrocytes, les globules blancs et les plaquettes peuvent \u00eatre\u00a0<\/strong><strong>impliqu\u00e9s dans des incidents ou accidents immunologiques transfusionnels. Les antig\u00e8nes\u00a0<\/strong><strong>concern\u00e9s sont les antig\u00e8nes leuco-plaquettaires du syst\u00e8me du complexe majeur\u00a0<\/strong><strong>d&rsquo;histocompatibilit\u00e9 (syst\u00e8me HLA) et les antig\u00e8nes sp\u00e9cifiques des syst\u00e8mes plaquettaires\u00a0<\/strong><strong>et granuleux.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Accidents dus aux antig\u00e8nes HLA<\/strong><\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s transfusion ou grossesse, un patient peut d\u00e9velopper par allo-immunisation des\u00a0<\/strong><strong>anticorps contre les antig\u00e8nes de classe I du complexe majeur d&rsquo;histocompatibilit\u00e9 port\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>par les leucocytes et les plaquettes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Fr\u00e9quence de l&rsquo;allo-immunisation anti-HLA<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elle est variable,<\/strong><\/p>\n<p><strong>fonction du nombre de transfusions ant\u00e9rieures \u00e9ventuelles, de\u00a0<\/strong><strong>grossesses ant\u00e9rieures et du sexe (les femmes s&rsquo;immunisant plus volontiers que les\u00a0<\/strong><strong>hommes ind\u00e9pendamment des immunisations susceptibles de survenir lors des\u00a0<\/strong><strong>grossesses). Une \u00e9tude [4] reprenant 33 s\u00e9ries de la litt\u00e9rature en estime la fr\u00e9quence \u00e0\u00a0<\/strong><strong>39 %. Les anticorps anti-HLA sont mis en \u00e9vidence par la technique de lymphocytotoxicit\u00e9\u00a0<\/strong><strong>en pr\u00e9sence de compl\u00e9ment. Ils sont rarement monosp\u00e9cifiques, souvent polysp\u00e9cifiques\u00a0<\/strong><strong>en raison du grand polymorphisme du syst\u00e8me HLA.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Incidents ou accidents dus aux anticorps anti-HLA<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les anticorps anti-HLA sont responsables de r\u00e9action de type frisson-hyperthermie, de\u00a0<\/strong><strong>transfusion de plaquettes inefficace et de syndrome de d\u00e9tresse respiratoire aigu.<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9action de type \u00a0\u00bb frisson-hyperthermie \u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elle appara\u00eet au cours ou au d\u00e9cours de la transfusion, comme un acc\u00e8s brutal de fi\u00e8vre\u00a0<\/strong><strong>accompagn\u00e9e de frissons intenses et de tremblements. Ces r\u00e9actions inconfortables pour\u00a0<\/strong><strong>le malade, le plus souvent spontan\u00e9ment r\u00e9solutives dans des d\u00e9lais variables, c\u00e8dent\u00a0<\/strong><strong>rapidement sous injection intraveineuse de cortico\u00efdes. Leur fr\u00e9quence est variable selon\u00a0<\/strong><strong>les s\u00e9ries, de 0,25 \u00e0 0,5 % chez les patients transfus\u00e9s [9] avec une fr\u00e9quence accrue de\u00a0<\/strong><strong>27 \u00e0 37 % chez les sujets polytransfus\u00e9s [46]. Le m\u00e9canisme intime de cette r\u00e9action\u00a0<\/strong><strong>f\u00e9brile est mal connu et le r\u00f4le respectif des anticorps anti-HLA et antigranuleux mal\u00a0<\/strong><strong>\u00e9lucid\u00e9. Son existence impose une recherche d&rsquo;anticorps anti-HLA lymphocytotoxiques. La\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9vention de ces r\u00e9actions est possible par l&rsquo;inclusion des patients d\u00e9j\u00e0 immunis\u00e9s dans\u00a0<\/strong><strong>des protocoles transfusionnels utilisant des produits sanguins d\u00e9leucocyt\u00e9s [50].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Etat \u00a0\u00bb r\u00e9fractaire \u00a0\u00bb \u00e0 la transfusion de plaquettes<\/strong><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;immunisation anti-HLA peut \u00eatre responsable d&rsquo;un \u00e9tat \u00a0\u00bb r\u00e9fractaire \u00ab\u00a0, la transfusion de\u00a0<\/strong><strong>concentr\u00e9s plaquettaires se r\u00e9v\u00e9lant alors inefficace. L&rsquo;origine de cet \u00e9tat r\u00e9fractaire est la\u00a0<\/strong><strong>destruction des plaquettes par des anticorps anti-HLA reconnaissant les antig\u00e8nes HLA de\u00a0<\/strong><strong>classe I \u00e0 la surface des plaquettes. La situation est plus fr\u00e9quente en h\u00e9matologie o\u00f9 les\u00a0<\/strong><strong>sujets sont transfus\u00e9s fr\u00e9quemment en concentr\u00e9s plaquettaires (aplasies, greffes de\u00a0<\/strong><strong>moelle, h\u00e9mopathies malignes<\/strong><\/p>\n<p><strong>et chroniques, an\u00e9mies aplastiques&#8230;).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chaque fois que cela est possible, il est indispensable de pr\u00e9venir chez de tels patients\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;allo-immunisation anti-HLA [50] par la mise en place syst\u00e9matique de protocoles\u00a0<\/strong><strong>transfusionnels utilisant des produits sanguins d\u00e9leucocyt\u00e9s [47, 54]. Dans le cas ou\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;immunisation est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente, deux strat\u00e9gies sont actuellement possibles.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Situation rare, la sp\u00e9cificit\u00e9 des anticorps anti-HLA est limit\u00e9e ; il peut \u00eatre propos\u00e9\u00a0<\/strong><strong>la transfusion de concentr\u00e9 unitaire de plaquettes d\u00e9leucocyt\u00e9 provenant d&rsquo;un seul\u00a0<\/strong><strong>donneur (ceci limite le nombre d&rsquo;antig\u00e8nes HLA transmis), \u00e9ventuellement\u00a0<\/strong><strong>ph\u00e9notyp\u00e9 (le donneur ne poss\u00e8de pas les antig\u00e8nes HLA correspondant aux\u00a0<\/strong><strong>anticorps du patient) et compatibilit\u00e9 avec le s\u00e9rum du patient.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Situation plus fr\u00e9quente, la sp\u00e9cificit\u00e9 des anticorps anti-HLA est large, dirig\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>contre de nombreux antig\u00e8nes HLA ; il peut \u00eatre propos\u00e9 d&rsquo;augmenter et de\u00a0<\/strong><strong>fractionner l&rsquo;apport journalier des concentr\u00e9s plaquettaires d\u00e9leucocyt\u00e9s,\u00a0<\/strong><strong>permettant d&rsquo;obtenir un effet h\u00e9mostatique malgr\u00e9 un rendement plaquettaire\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9diocre.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Syndrome de d\u00e9tresse respiratoire aigu<\/strong><\/p>\n<p><strong>La survenue d&rsquo;un oed\u00e8me pulmonaire non cardiog\u00e9nique au d\u00e9cours de l&rsquo;utilisation de\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9riv\u00e9s sanguins est possible. Une r\u00e9action \u00a0\u00bb frisson-hyperthermie \u00a0\u00bb intense est associ\u00e9e \u00e0\u00a0<\/strong><strong>de la transfusion de plasma frais congel\u00e9 contenant l&rsquo;anticorps responsable [12]. Ces\u00a0<\/strong><strong>anticorps lymphocytotoxiques, dirig\u00e9s contre les antig\u00e8nes du syst\u00e8me HLA sont capables\u00a0<\/strong><strong>d&rsquo;agglutiner les polynucl\u00e9aires porteurs de ces sp\u00e9cificit\u00e9s. Des techniques de\u00a0<\/strong><strong>lymphocytotoxicit\u00e9, de micro-granulo-agglutination et d&rsquo;immunofluorescence indirecte sur\u00a0<\/strong><strong>des lymphocytes et des polynucl\u00e9aires de ph\u00e9notype connu permettent de mettre en\u00a0<\/strong><strong>\u00e9vidence la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;immunisation et la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;anticorps en cause.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Accidents dus aux antig\u00e8nes plaquettaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>En dehors des antig\u00e8nes du syst\u00e8me ABO et du syst\u00e8me HLA, il existe \u00e0 la surface des\u00a0<\/strong><strong>plaquettes des antig\u00e8nes sp\u00e9cifiquement plaquettaires regroup\u00e9s dans le syst\u00e8me HPA ou \u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>human platelet antigens \u00ab\u00a0.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Antig\u00e8nes sp\u00e9cifiques plaquettaires du syst\u00e8me HPA<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les principaux antig\u00e8nes plaquettaires sont actuellement bien caract\u00e9ris\u00e9s et class\u00e9s dans\u00a0<\/strong><strong>six groupes (de HPA-1 \u00e0 HPA-6).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le syst\u00e8me HPA-1 correspond au premier syst\u00e8me d\u00e9crit (ancien nom : PLA ou\u00a0<\/strong><strong>Zw) et comprend deux all\u00e8les HPA-1a et HPA-1b de fr\u00e9quences g\u00e9nomiques\u00a0<\/strong><strong>respectives 85 % et 15 % chez les sujets de race blanche.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le syst\u00e8me HPA-2 (ancien nom : Ko) est constitu\u00e9 de deux all\u00e8les HPA-2a et HPA-\u00a0<\/strong><strong>2b. L&rsquo;antig\u00e8ne HPA-2a est tr\u00e8s fr\u00e9quent (99,3 %) chez les sujets de race blanche.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le syst\u00e8me HPA-3 (ancien nom : Bak, Lek) est constitu\u00e9 de deux all\u00e8les HPA-3a et\u00a0<\/strong><strong>HPA-3b. La fr\u00e9quence de l&rsquo;antig\u00e8ne HPA-3a est de 87 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le syst\u00e8me HPA-4 (ancien nom : Pen, Yuk) est constitu\u00e9 de deux all\u00e8les HPA-4a et\u00a0<\/strong><strong>HPA-4b. L&rsquo;antig\u00e8ne HPA-4 serait la cause la plus fr\u00e9quente d&rsquo;allo-immunisation\u00a0<\/strong><strong>antiplaquettaire chez les Asiatiques.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les syst\u00e8mes HPA-5 et HPA-6 sont de d\u00e9couverte plus r\u00e9cente.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Anticorps sp\u00e9cifiques antiplaquettaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les anticorps antiplaquettaires sont recherch\u00e9s par des techniques ELISA, MAIPA (\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>monoclonal antibody immobilization of platelet antigens \u00ab\u00a0) et de cytom\u00e9trie de flux. Ces\u00a0<\/strong><strong>alloanticorps antiplaquettaires sont dirig\u00e9s contre les cinq groupes antig\u00e9niques\u00a0<\/strong><strong>plaquettaires : HPA-1a, HPA-2a, HPA-3a, HPA-3b, HPA-4a, HPA-5b. Ces anticorps peuvent\u00a0<\/strong><strong>\u00eatre \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;\u00e9tats r\u00e9fractaires aux transfusions de plaquettes, identiques \u00e0 ceux\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9crits pr\u00e9c\u00e9demment (seule la sp\u00e9cificit\u00e9 de l&rsquo;anticorps diff\u00e8re). Ils peuvent \u00eatre aussi \u00e0\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;origine de purpura post-transfusionnel thrombocytop\u00e9nique. Dans ce dernier cas, les\u00a0<\/strong><strong>anticorps anti-HPA-1a sont le plus souvent en cause et des concentr\u00e9s de plaquettes\u00a0<\/strong><strong>d&rsquo;aph\u00e9r\u00e8se (plaquettes de donneur unique ph\u00e9notyp\u00e9es, compatibles dans les syst\u00e8mes\u00a0<\/strong><strong>plaquettaires) seront utilis\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Purpura post-transfusionnel thrombocytop\u00e9nique<\/strong><\/p>\n<p><strong>Clinique<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le purpura post-transfusionnel\u00a0<\/strong><strong>thrombocytop\u00e9nique est:<\/strong><\/p>\n<p><strong>caract\u00e9ris\u00e9 par une thrombop\u00e9nie\u00a0<\/strong><strong>aigu\u00eb souvent s\u00e9v\u00e8re survenant 5 \u00e0 10 jours apr\u00e8s une transfusion (le plus souvent d&rsquo;un\u00a0<\/strong><strong>CGR), associ\u00e9e \u00e0 un syndrome d&rsquo;h\u00e9morragie cutan\u00e9omuqueuse. Le receveur est le plus\u00a0<\/strong><strong>souvent de sexe f\u00e9minin, pr\u00e9alablement immunis\u00e9 par des transfusions ou des grossesses.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La thrombop\u00e9nie est souvent majeure (&lt; 10 000 plaquettes\/ml). Les transfusions de\u00a0<\/strong><strong>plaquettes non ph\u00e9notyp\u00e9es sont tr\u00e8s mal tol\u00e9r\u00e9es, aggravant la thrombop\u00e9nie ; la\u00a0<\/strong><strong>transfusion de concentr\u00e9 unitaire de plaquettes ph\u00e9notyp\u00e9es peut m\u00eame se r\u00e9v\u00e9ler\u00a0<\/strong><strong>inefficace \u00e0 la phase aigu\u00eb. Le traitement est l&rsquo;injection d&rsquo;immunoglobulines intraveineuses\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 la dose quotidienne de 0,4 g\u00b7kg-1 pendant 5 jours, parfois associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9changes\u00a0<\/strong><strong>plasmatiques. L&rsquo;\u00e9volution est souvent favorable, mais des d\u00e9c\u00e8s par h\u00e9morragie\u00a0<\/strong><strong>intrac\u00e9r\u00e9brale peuvent survenir dans 5 \u00e0 10 % des cas.<\/strong><\/p>\n<p><strong>M\u00e9canisme<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il demeure mal expliqu\u00e9. En effet, comment l&rsquo;alloanticorps du receveur peut-il d\u00e9truire ses\u00a0<\/strong><strong>propres plaquettes, ces derni\u00e8res ne poss\u00e9dant pas l&rsquo;antig\u00e8ne contre lequel l&rsquo;anticorps est\u00a0<\/strong><strong>dirig\u00e9 ? Deux explications ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les alloantig\u00e8nes dans la circulation formeraient des complexes antig\u00e8nesanticorps\u00a0<\/strong><strong>qui se fixeraient \u00e0 la surface des plaquettes du sujet et provoqueraient\u00a0<\/strong><strong>leur destruction.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un auto-anticorps dirig\u00e9 contre les plaquettes du sujet serait produit en m\u00eame\u00a0<\/strong><strong>temps que l&rsquo;alloanticorps et expliquerait la destruction de ses propres plaquettes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Accidents dus aux antig\u00e8nes granuleux<\/strong><\/p>\n<p><strong>La forme clinique des accidents immunologiques dus aux granuleux est le syndrome de\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9tresse respiratoire aigu, identique cliniquement \u00e0 celui d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment avec les\u00a0<\/strong><strong>anticorps anti-HLA. La physiopathologie de tels accidents fait intervenir ces anticorps dans\u00a0<\/strong><strong>la formation d&rsquo;agr\u00e9gats leucocytaires au niveau des alv\u00e9oles pulmonaires [34]. Les\u00a0<\/strong><strong>insuffisances respiratoires aigu\u00ebs post-transfusionnelles, d&rsquo;apr\u00e8s les cas d\u00e9crits dans la\u00a0<\/strong><strong>litt\u00e9rature [29], sont soit rapidement mortelles soit r\u00e9solutives en quelques jours. Les\u00a0<\/strong><strong>anticorps responsables sont dirig\u00e9s contre les syst\u00e8mes antig\u00e9niques sp\u00e9cifiques des\u00a0<\/strong><strong>granuleux, capables d&rsquo;agglutiner les polynucl\u00e9aires porteurs de ces sp\u00e9cificit\u00e9s et mis en\u00a0<\/strong><strong>\u00e9vidence par des tests de granuloagglutination et des tests \u00e0 l&rsquo;antiglobuline sur des\u00a0<\/strong><strong>polynucl\u00e9aires de ph\u00e9notype connu. Ils permettent de mettre en \u00e9vidence la r\u00e9alit\u00e9 de\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;immunisation et la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;anticorps en cause.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Accidents dus aux antig\u00e8nes prot\u00e9iques<\/strong><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;existence de variations allotypiques au niveau des prot\u00e9ines plasmatiques explique\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;apparition chez des sujets polytransfus\u00e9s d&rsquo;une allo-immunisation contre divers\u00a0<\/strong><strong>constituants prot\u00e9iques du plasma. Cette situation peu fr\u00e9quente concerne essentiellement\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;immunisation contre les immunoglobulines et les facteurs de la coagulation.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Immunisation contre les immunoglobulines<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elle concerne le plus souvent les immunoglobulines IgG et IgA.\u00a0<\/strong><strong>Immunisation anti-IgG<\/strong><\/p>\n<p><strong>La recherche syst\u00e9matique des anticorps anti-Gm et anti-Km se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s souvent\u00a0<\/strong><strong>positive chez les sujets polytransfus\u00e9s mais est sans cons\u00e9quence clinique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Immunisation anti-IgA<\/strong><\/p>\n<p><strong>En revanche, l&rsquo;existence d&rsquo;anticorps anti-IgA<\/strong><strong>chez les receveurs peut entra\u00eener des troubles\u00a0<\/strong><strong>graves apr\u00e8s transfusion de produits sanguins labiles<\/strong><\/p>\n<p><strong>ou injection d&rsquo;immunoglobulines<\/strong><strong>.<\/strong><strong>Les\u00a0<\/strong><strong>accidents sont de type anaphylactique, allant de la forme b\u00e9nigne avec \u00e9ryth\u00e8me cutan\u00e9 et\u00a0<\/strong><strong>sensation de malaise \u00e0 la forme grave avec oed\u00e8me laryng\u00e9 et collapsus cardiovasculaire.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les examens immunologiques mettent en \u00e9vidence des anticorps anti-IgA, pr\u00e9sents le plus\u00a0<\/strong><strong>souvent chez des sujets porteurs d&rsquo;un d\u00e9ficit isol\u00e9 en IgA dont la fr\u00e9quence est estim\u00e9e \u00e0\u00a0<\/strong><strong>1\/700. Ces anticorps sont parfois retrouv\u00e9s chez des sujets ayant un taux normal d&rsquo;IgA,\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;anticorps \u00e9tant alors dirig\u00e9 contre un allotype particulier (A2m).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Immunisation contre les facteurs de la coagulation<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cette immunisation bien connue dans certaines maladies auto-immunes<\/strong><\/p>\n<p><strong>s&rsquo;observe\u00a0<\/strong><strong>\u00e9galement par immunisation de sujets polytransfus\u00e9s porteurs d&rsquo;un d\u00e9ficit constitutionnel\u00a0<\/strong><strong>en un facteur de la coagulation. Ces inhibiteurs de la coagulation ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits pour\u00a0<\/strong><strong>diff\u00e9rents facteurs (I, V, IX, XI..), mais les inhibiteurs du facteur VIII sont les plus\u00a0<\/strong><strong>fr\u00e9quents et posent les probl\u00e8mes th\u00e9rapeutiques les plus graves. Ces alloanticorps anti-\u00a0<\/strong><strong>VIII inhibent compl\u00e8tement l&rsquo;activit\u00e9 du facteur VIIIc exog\u00e8ne d&rsquo;une mani\u00e8re lin\u00e9aire et\u00a0<\/strong><strong>dose d\u00e9pendante. Ils apparaissent chez les h\u00e9mophiles majeurs trait\u00e9s par du facteur VIII\u00a0<\/strong><strong>humain en moyenne dans 15 % des cas, et par du facteur VIII recombinant dans 25 % des\u00a0<\/strong><strong>cas. L&rsquo;apparition de ces anticorps constitue une complication redoutable et pose de graves\u00a0<\/strong><strong>probl\u00e8mes th\u00e9rapeutiques. En cas d&rsquo;immunisation faible, il est possible de restaurer\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;activit\u00e9 plasmatique du facteur VIII d\u00e9ficient en saturant l&rsquo;anticorps par l&rsquo;apport de doses\u00a0<\/strong><strong>massives de facteur VIII. Dans le cas d&rsquo;un anticoagulant puissant, l&rsquo;attitude th\u00e9rapeutique\u00a0<\/strong><strong>consiste \u00e0 court-circuiter l&rsquo;effet anticoagulant au moyen de facteur VIII porcin ou des\u00a0<\/strong><strong>concentr\u00e9s de complexe prothrombinique ou de facteur VIIa (sous forme activ\u00e9e).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Maladie du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te<\/strong><\/p>\n<p><strong>La maladie du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te<\/strong><\/p>\n<p><strong>(\u00a0\u00bb Graft versus host \u00a0\u00bb ou GVH) est une complication\u00a0<\/strong><strong>rare de la transfusion. Les lymphocytes T viables, pr\u00e9sents dans les produits sanguins\u00a0<\/strong><strong>transfus\u00e9s, peuvent se \u00a0\u00bb greffer \u00a0\u00bb chez le receveur et provoquer la r\u00e9action du greffon\u00a0<\/strong><strong>contre l&rsquo;h\u00f4te. D\u00e9crite le plus souvent chez des patients immunod\u00e9prim\u00e9s dans les suites\u00a0<\/strong><strong>d&rsquo;une greffe de moelle osseuse allog\u00e9nique, la maladie du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te a\u00a0<\/strong><strong>\u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite chez des patients immunocomp\u00e9tents. Dans ce dernier cas les\u00a0<\/strong><strong>donneurs \u00e9taient apparent\u00e9s, partageant avec le receveur une similitude au niveau d&rsquo;un\u00a0<\/strong><strong>locus HLA ou mieux au niveau d&rsquo;un haplotype [52]. De ce fait, les lymphocytes T du\u00a0<\/strong><strong>donneur, parfaitement tol\u00e9r\u00e9s par le receveur reconnaissent comme \u00e9trangers les tissus de\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;h\u00f4te [40]. Dans les produits sanguins, l&rsquo;\u00e9limination des lymphocytes T responsables de\u00a0<\/strong><strong>cette r\u00e9action du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te, est donc une n\u00e9cessit\u00e9 absolue chez les sujets\u00a0<\/strong><strong>immunod\u00e9prim\u00e9s et lors de transfusions entre sujets apparent\u00e9s en raison de la gravit\u00e9 de\u00a0<\/strong><strong>la maladie du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te, la mortalit\u00e9 \u00e9tant de l&rsquo;ordre de 70 %. L&rsquo;irradiation des\u00a0<\/strong><strong>produits sanguins \u00e0 transfuser (1 500 \u00e0 2 500 grays) qui entra\u00eene la mort des lymphocytes\u00a0<\/strong><strong>T (attest\u00e9e par la n\u00e9gativit\u00e9 de la culture mixte lymphocytaire) est la technique la plus\u00a0<\/strong><strong>s\u00fbre dans la pr\u00e9vention de la maladie du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te, m\u00eame si la dose\u00a0<\/strong><strong>d&rsquo;irradiation reste discut\u00e9e [3]. En effet, la d\u00e9leucocytation des produits sanguins par\u00a0<\/strong><strong>filtration (99 \u00e0 99,9 % des globules blancs sont \u00e9limin\u00e9s) ne permet pas d&rsquo;assurer avec\u00a0<\/strong><strong>certitude la pr\u00e9vention de la maladie du greffon contre l&rsquo;h\u00f4te.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Immunomodulation<\/strong><\/p>\n<p><strong>De nombreuses \u00e9tudes ont montr\u00e9 que:<\/strong><\/p>\n<p><strong>la transfusion pouvait avoir des effets\u00a0<\/strong><strong>immunomodulateurs.<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u00e8s 1973, Opelz et Terazaki [42, 43] montraient le caract\u00e8re\u00a0<\/strong><strong>b\u00e9n\u00e9fique des transfusions sur la survie des greffons r\u00e9naux. Deux autres aspects de\u00a0<\/strong><strong>l&rsquo;immunomodulation transfusionnelle ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s : la fr\u00e9quence des infections\u00a0<\/strong><strong>bact\u00e9riennes postop\u00e9ratoires et celle des rechutes chez les patients op\u00e9r\u00e9s en\u00a0<\/strong><strong>canc\u00e9rologie.\u00a0<\/strong><strong>De nombreuses \u00e9tudes prospectives ont montr\u00e9 une fr\u00e9quence plus importante d&rsquo;infections\u00a0<\/strong><strong>postop\u00e9ratoires chez les patients transfus\u00e9s en chirurgie digestive [31], cardiovasculaire\u00a0<\/strong><strong>[38] et orthop\u00e9dique [53]. Des \u00e9tudes r\u00e9centes ont montr\u00e9 une diminution des infections\u00a0<\/strong><strong>postop\u00e9ratoires chez des patients non transfus\u00e9s, des patients transfus\u00e9s avec des\u00a0<\/strong><strong>produits sanguins autologues [19, 53], et des patients transfus\u00e9s avec des produits sanguins\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9leucocyt\u00e9s [30]. Les leucocytes semblent en \u00eatre les principaux responsables par l&rsquo;apport\u00a0<\/strong><strong>d&rsquo;antig\u00e8nes d&rsquo;histocompatibilit\u00e9 \u00e9trangers qu&rsquo;ils r\u00e9alisent [30].<\/strong><\/p>\n<p><strong>En canc\u00e9rologie, l&rsquo;influence des transfusions sur la fr\u00e9quence des rechutes a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e et\u00a0<\/strong><strong>les \u00e9tudes sont beaucoup plus contradictoires [41]. Chung [13] a repris 20 publications de\u00a0<\/strong><strong>1982 \u00e0 1990 concernant 5 236 malades op\u00e9r\u00e9s en canc\u00e9rologie et montre la difficult\u00e9 de\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9pondre de fa\u00e7on univoque \u00e0 cette question, en comparant les patients transfus\u00e9s et non\u00a0<\/strong><strong>transfus\u00e9s. Si ces \u00e9tudes se confirmaient, elles conduiraient \u00e0 modifier les strat\u00e9gies\u00a0<\/strong><strong>transfusionnelles pour tous les types de chirurgie, y compris carcinologique, en\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9veloppant la transfusion allog\u00e9nique d\u00e9leucocyt\u00e9e et la transfusion autologue chaque\u00a0<\/strong><strong>fois qu&rsquo;elle est r\u00e9alisable.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anne Mercadier : Praticien hospitalier Jacques Baudelot : Praticien hospitalier, directeur du Centre d\u00e9partemental de transfusion sanguine\u00a0de la Seine-Saint-Denis H\u00f4pital Avicenne, 125, rue de Stalingrad, 93009 Bobigny France R\u00e9sum\u00e9 La transfusion de produits sanguins est un acte qui impose rigueur et vigilance. 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