{"id":4403,"date":"2017-01-12T10:32:05","date_gmt":"2017-01-12T10:32:05","guid":{"rendered":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/?p=4403"},"modified":"2017-01-12T10:32:05","modified_gmt":"2017-01-12T10:32:05","slug":"quand-transfuser-notion-de-seuil-transfusionnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/taysirassistance.tn\/fr\/quand-transfuser-notion-de-seuil-transfusionnel\/","title":{"rendered":"Quand transfuser ? Notion de seuil transfusionnel"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9pondre \u00e0 cette question implique de r\u00e9pondre d\u2019abord \u00e0 celle-ci : y\u00a0<\/strong><strong>a-t-il des limites \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution, et quelles sont-elles ?\u00a0<\/strong><strong>Les jurys des diverses conf\u00e9rences de consensus ont toujours sembl\u00e9\u00a0<\/strong><strong>\u00e9prouver une certaine difficult\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette question de fa\u00e7on tr\u00e8s\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9cise. On comprend en effet pourquoi. D\u2019une part parce qu\u2019il n\u2019y a pas\u00a0<\/strong><strong>de r\u00e9ponse unique \u00e0 cette question, et d\u2019autre part parce que l\u2019on ne\u00a0<\/strong><strong>dispose que d\u2019un nombre tr\u00e8s restreint d\u2019\u00e9tudes cliniques correctement\u00a0<\/strong><strong>document\u00e9es et exploitables concernant la zone des Ht compris entre\u00a0<\/strong><strong>20 et 30 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, on doit donc s\u2019appuyer sur\u00a0<\/strong><strong>des donn\u00e9es exp\u00e9rimentales, acquises chez l\u2019animal ou chez l\u2019homme,\u00a0<\/strong><strong>mais leur transposition aux situations cliniques est hasardeuse. Il existe\u00a0<\/strong><strong>en clinique quelques \u00e9tudes de cohortes. Seules de grandes \u00e9tudes\u00a0<\/strong><strong>prospectives et randomis\u00e9es, ou de solides donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques,\u00a0<\/strong><strong>seraient susceptibles d\u2019autoriser ou non les attitudes les plus extr\u00eames.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tant que ces \u00e9tudes n\u2019existent pas, une certaine prudence semble donc\u00a0<\/strong><strong>logique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Approche m\u00e9tabolique : transport et consommation\u00a0<\/strong><strong>de l\u2019oxyg\u00e8ne<\/strong><\/p>\n<p><strong>Remarques pr\u00e9liminaires<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019Hb sert principalement \u00e0 transporter l\u2019oxyg\u00e8ne. Barcroft \u00e9crivait, en\u00a0<\/strong><strong>1920 [11], qu\u2019une oxyg\u00e9nation<\/strong><strong>tissulaire ad\u00e9quate implique une bonne\u00a0<\/strong><strong>oxyg\u00e9nation art\u00e9rielle, suffisamment d\u2019Hb et un d\u00e9bit cardiaque adapt\u00e9.<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>En fait, ces trois param\u00e8tres r\u00e9unis caract\u00e9risent le TO2 et non\u00a0<\/strong><strong>l\u2019oxyg\u00e9nation des tissus.<\/strong><strong>N\u00e9anmoins, jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, les\u00a0<\/strong><strong>travaux sur l\u2019h\u00e9modilution ont essentiellement \u00e9valu\u00e9 les cons\u00e9quences\u00a0<\/strong><strong>de la baisse progressive de l\u2019Ht sur le TO2 et pratiquement pas sur\u00a0<\/strong><strong>l\u2019oxyg\u00e9nation tissulaire. Il a fallu attendre l\u2019approche nouvelle de Cain,\u00a0<\/strong><strong>en 1977 [31], pour que soit aussi prise en compte la demande m\u00e9tabolique\u00a0<\/strong><strong>et consid\u00e9rer que le transport n\u2019est ad\u00e9quat que s\u2019il apporte suffisamment\u00a0<\/strong><strong>d\u2019oxyg\u00e8ne pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ceci appelle \u00e0 une premi\u00e8re remarque :<\/strong><\/p>\n<p><strong>puisque la demande m\u00e9tabolique\u00a0<\/strong><strong>est extr\u00eamement variable dans le temps en fonction du sommeil, de la\u00a0<\/strong><strong>digestion, de l\u2019effort, etc, la quantit\u00e9 minimale d\u2019Hb permettant de faire\u00a0<\/strong><strong>face \u00e0 ces besoins variables est donc n\u00e9cessairement, elle aussi, variable.\u00a0<\/strong><strong>Guyton remarquait que l\u2019on ne savait pas tr\u00e8s bien pourquoi le chiffre\u00a0<\/strong><strong>normal de l\u2019Ht est voisin de 42 %, si ce n\u2019est, disait-il, que ce chiffre\u00a0<\/strong><strong>appara\u00eet probablement comme le meilleur compromis pour faire face\u00a0<\/strong><strong>aux demandes m\u00e9taboliques extr\u00eames [76].<\/strong><\/p>\n<p><strong>La deuxi\u00e8me remarque est que l\u2019essentiel des donn\u00e9es dont nous\u00a0<\/strong><strong>disposons sur les cons\u00e9quences physiopathologiques de l\u2019h\u00e9modilution\u00a0<\/strong><strong>ont \u00e9t\u00e9 obtenues le plus souvent chez des animaux endormis et dont la\u00a0<\/strong><strong>consommation d\u2019oxyg\u00e8ne (V\u02d9 O2) \u00e9tait faible. S\u2019il est relativement facile\u00a0<\/strong><strong>de transposer ces donn\u00e9es \u00e0 la situation de l\u2019op\u00e9r\u00e9 qui est sous anesth\u00e9sie\u00a0<\/strong><strong>g\u00e9n\u00e9rale, cette transposition n\u2019est plus possible pour l\u2019op\u00e9r\u00e9 qui se\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9veille et dont le m\u00e9tabolisme peut \u00eatre deux \u00e0 trois fois plus \u00e9lev\u00e9 que\u00a0<\/strong><strong>le m\u00e9tabolisme basal. Et qu\u2019en est-il pour l\u2019op\u00e9r\u00e9 qui mange, se l\u00e8ve, se\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9\u00e9duque, etc ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comment peut-on s\u2019assurer que le transport d\u2019oxyg\u00e8ne\u00a0<\/strong><strong>est globalement bien adapt\u00e9 \u00e0 la demande ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour plus de d\u00e9tails sur ce sujet, le lecteur est renvoy\u00e9 \u00e0 l\u2019article de Van\u00a0<\/strong><strong>der Linden dans ce trait\u00e9 [200]. Dans des conditions basales, avec une\u00a0<\/strong><strong>concentration d\u2019Hb \u00e0 14 g\/dL, une saturation art\u00e9rielle (SaO2) \u00e0 99%et<\/strong><strong>un index cardiaque \u00e0 3 L\/min\/m2, la quantit\u00e9 d\u2019oxyg\u00e8ne transport\u00e9e est\u00a0<\/strong><strong>de 550 mL\/min\/m2.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans les m\u00eames conditions, la demande\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9tabolique d\u2019oxyg\u00e8ne se situe autour de 140 mL\/min\/m2. La quantit\u00e9\u00a0<\/strong><strong>d\u2019oxyg\u00e8ne extraite par les tissus repr\u00e9sente donc 25 % de la quantit\u00e9\u00a0<\/strong><strong>transport\u00e9e. Le coefficient d\u2019extraction de l\u2019oxyg\u00e8ne (CEO2) est de 25 %\u00a0<\/strong><strong>au repos. Chez le chien, le porc et le babouin, le CEO2 basal est aussi\u00a0<\/strong><strong>proche de 25 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quand on mesure l\u2019\u00e9volution de la V\u02d9 O2 lorsque le TO2 diminue\u00a0<\/strong><strong>progressivement (fig 1), on observe que laV\u02d9 O2 se maintient longtemps\u00a0<\/strong><strong>en plateau, en d\u00e9pit de la baisse du TO2 (partie horizontale de la courbe\u00a0<\/strong><strong>inf\u00e9rieure). Pour des baisses relativement importantes du TO2, la V\u02d9 O2\u00a0<\/strong><strong>reste donc ind\u00e9pendante du TO2.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Puis, \u00e0 partir d\u2019un certain point, laV\u02d9 O2\u00a0<\/strong><strong>commence \u00e0 diminuer proportionnellement \u00e0 la baisse du TO2. La V\u02d9 O2\u00a0<\/strong><strong>est alors devenue transport d\u00e9pendante (partie gauche descendante de la\u00a0<\/strong><strong>courbe inf\u00e9rieure). \u00c0 ce moment l\u00e0, le TO2 est si bas qu\u2019il est devenu\u00a0<\/strong><strong>insuffisant pour faire face \u00e0 la demande. Cette valeur au-dessous de\u00a0<\/strong><strong>laquelle laV\u02d9 O2 devient transport d\u00e9pendante est appel\u00e9e valeur critique\u00a0<\/strong><strong>du transport de l\u2019oxyg\u00e8ne (TO2crit). La partie horizontale de la courbe\u00a0<\/strong><strong>V\u02d9\u00a0<\/strong><strong>O2\/TO2 s\u2019explique par le fait que lorsque la quantit\u00e9 d\u2019oxyg\u00e8ne\u00a0<\/strong><strong>transport\u00e9e commence \u00e0 diminuer, l\u2019organisme, pour faire face \u00e0 sa\u00a0<\/strong><strong>consommation, extrait une fraction croissante de l\u2019oxyg\u00e8ne transport\u00e9\u00a0<\/strong><strong>(courbe sup\u00e9rieure). C\u2019est donc gr\u00e2ce \u00e0 une augmentation progressive\u00a0<\/strong><strong>du coefficient d\u2019extraction que la V\u02d9 O2 reste constante (fig 1). Le TO2\u00a0<\/strong><strong>devient critique au moment o\u00f9 l\u2019extraction ne peut plus augmenter de\u00a0<\/strong><strong>fa\u00e7on adapt\u00e9e.Au TO2crit correspond une valeur critique du coefficient\u00a0<\/strong><strong>d\u2019extraction critique (CEO2crit). \u00c0 ces valeurs critiques du transport et\u00a0<\/strong><strong>de l\u2019extraction de l\u2019oxyg\u00e8ne, correspondent aussi une valeur critique de\u00a0<\/strong><strong>la saturation du sang veineux m\u00eal\u00e9 (Sv\u00dfO2) et de la pression partielle de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019oxyg\u00e8ne dans le sang veineux (PvO2). Pour des valeurs de TO2\u00a0<\/strong><strong>inf\u00e9rieures au TO2crit, le m\u00e9tabolisme ana\u00e9robie se d\u00e9veloppe, et un\u00a0<\/strong><strong>exc\u00e8s de lactates est observ\u00e9 [31, 169, 203].<\/strong><\/p>\n<p><strong>La baisse du TO2 peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 une baisse du d\u00e9bit cardiaque, \u00e0 une\u00a0<\/strong><strong>an\u00e9mie, ou \u00e0 une hypoxie. Que la baisse du TO2 soit en rapport avec une\u00a0<\/strong><strong>baisse du d\u00e9bit cardiaque ou avec une baisse de l\u2019Ht, le TO2crit et le\u00a0<\/strong><strong>CEO2crit ont des valeurs voisines [31, 89]. Plusieurs \u00e9tudes ont d\u00e9termin\u00e9\u00a0<\/strong><strong>les valeurs critiques chez le chien, le porc et le babouin, lors d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modilution extr\u00eame r\u00e9alis\u00e9e sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale. Leurs r\u00e9sultats\u00a0<\/strong><strong>sont tout \u00e0 fait concordants. Chez le chien correctement oxyg\u00e9n\u00e9, le\u00a0<\/strong><strong>TO2crit correspond \u00e0 un Ht de 10 %. Chez le porc, il correspond \u00e0 un Ht\u00a0<\/strong><strong>de 10,8 \u00e0 11,7 %. Chez le babouin, quand l\u2019Ht se trouve abaiss\u00e9 \u00e0 10 %,\u00a0<\/strong><strong>on commence \u00e0 observer un exc\u00e8s de lactates. Le CEO2 est alors un peu\u00a0<\/strong><strong>sup\u00e9rieur \u00e0 55 % [214].<\/strong><\/p>\n<p><strong>De l\u2019ensemble de ces donn\u00e9es, on peut d\u00e9duire que chez l\u2019homme\u00a0<\/strong><strong>endormi, l\u2019Ht critique doit se situer entre 10 et 15 %. La seule valeur de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Ht critique que l\u2019on connaisse a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e chez un t\u00e9moin de J\u00e9hovah\u00a0<\/strong><strong>\u00e2g\u00e9 de 84 ans [207]. Chez ce patient, qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 an\u00e9mi\u00e9 de fa\u00e7on\u00a0<\/strong><strong>chronique et qui a saign\u00e9 abondamment pendant son op\u00e9ration, la\u00a0<\/strong><strong>concentration critique de l\u2019Hb \u00e9tait de 4 g\/dL, ce qui correspond \u00e0 un Ht\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 12 %. On dispose d\u2019une autre observation particuli\u00e8rement bien\u00a0<\/strong><strong>document\u00e9e [114]. Elle concernait un t\u00e9moin de J\u00e9hovah \u00e2g\u00e9 de 27 ans qui\u00a0<\/strong><strong>a surv\u00e9cu plusieurs heures (en attendant que le procureur autorise\u00a0<\/strong><strong>l\u2019apport de GR), avec un Ht voisin de 5 %. Cette survie a \u00e9t\u00e9 rendue\u00a0<\/strong><strong>possible gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9animation visant \u00e0 abaisser au maximum la VO2\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 57 %de sa valeur basale (curarisation, ventilation artificielle, s\u00e9dation\u00a0<\/strong><strong>pouss\u00e9e et hypothermie \u00e0 30 \u00b0C). Les valeurs critiques n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9\u00a0<\/strong><strong>indiqu\u00e9es mais, lorsque l\u2019an\u00e9mie \u00e9tait \u00e0 son minimum (Ht = 5 %), le\u00a0<\/strong><strong>CEO2 \u00e9tait alors de 53 %.<\/strong><strong>Ces diverses donn\u00e9es concernant l\u2019h\u00e9modilution apportent une premi\u00e8re\u00a0<\/strong><strong>s\u00e9rie d\u2019informations importantes :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 chez un op\u00e9r\u00e9 normotherme et sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, d\u00e8s lors que\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Hb devient inf\u00e9rieure \u00e0 4 g\/dL, le m\u00e9tabolisme a\u00e9robie peut se trouver\u00a0<\/strong><strong>compromis \u00e0 tout instant ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 le CEO2 ne doit pas s\u2019\u00e9lever au-dessus de 55 %. En l\u2019absence\u00a0<\/strong><strong>d\u2019hypox\u00e9mie art\u00e9rielle, la Sv\u00dfO2, qui est \u00e9troitement corr\u00e9l\u00e9e au CEO2,\u00a0<\/strong><strong>ne doit pas s\u2019abaisser au-dessous de 45 %. Cette derni\u00e8re notion est\u00a0<\/strong><strong>importante puisqu\u2019il est possible de surveiller la Sv\u00dfO2 pendant les\u00a0<\/strong><strong>interventions \u00e0 haut risque.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces r\u00e9sultats, concernant l\u2019h\u00e9modilution extr\u00eame, impliquent un bon\u00a0<\/strong><strong>fonctionnement des principaux m\u00e9canismes g\u00e9n\u00e9raux et locaux\u00a0<\/strong><strong>d\u2019adaptation.<\/strong><\/p>\n<p><strong>M\u00e9canismes d\u2019adaptation \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution<\/strong><\/p>\n<p><strong>M\u00e9canismes g\u00e9n\u00e9raux<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9matocrite abaiss\u00e9 \u00e0 27-30 %<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019est un fait \u00e9tabli depuis plus de 30 ans que lorsque l\u2019Ht s\u2019abaisse, le\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9bit cardiaque s\u2019\u00e9l\u00e8ve et le TO2 se maintient tant que l\u2019Ht est sup\u00e9rieur\u00a0\u00e0 27-30 % [130]. Dans cette limite d\u2019h\u00e9modilution, l\u2019augmentation du\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9bit cardiaque observ\u00e9e est essentiellement d\u2019origine rh\u00e9ologique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019abaissement de la viscosit\u00e9 sanguine est particuli\u00e8rement sensible au\u00a0<\/strong><strong>niveau de la circulation veineuse. Il en r\u00e9sulte une augmentation du\u00a0<\/strong><strong>retour veineux, avec une tr\u00e8s discr\u00e8te augmentation du volume\u00a0<\/strong><strong>ventriculaire en fin de diastole.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Parall\u00e8lement, l\u2019h\u00e9modilution\u00a0<\/strong><strong>s\u2019accompagne d\u2019une baisse des r\u00e9sistances \u00e0 l\u2019\u00e9jection systolique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces\u00a0<\/strong><strong>deux ph\u00e9nom\u00e8nes entra\u00eenent une augmentation du volume d\u2019\u00e9jection\u00a0<\/strong><strong>systolique, principale responsable de l\u2019augmentation du d\u00e9bit cardiaque.<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9matocrite compris entre 27 et 10 %<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9bit cardiaque continue \u00e0 augmenter, mais insuffisamment pour\u00a0<\/strong><strong>maintenir le TO2. Celui-ci commence donc \u00e0 diminuer, et le CEO2\u00a0<\/strong><strong>augmente exponentiellement, de mani\u00e8re \u00e0 ce que laV\u02d9 O2 se maintienne\u00a0<\/strong><strong>en plateau. Nous sommes dans la situation correspondant \u00e0 la moiti\u00e9\u00a0<\/strong><strong>droite de la figure 1.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans cette zone, l\u2019augmentation du d\u00e9bit cardiaque\u00a0<\/strong><strong>devient en grande partie tributaire d\u2019une augmentation de la fr\u00e9quence\u00a0<\/strong><strong>cardiaque, et le travail myocardique augmente plus nettement.<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9matocrite inf\u00e9rieur \u00e0 10 %<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le TO2 ne peut plus faire face \u00e0 la demande d\u2019oxyg\u00e8ne. Le m\u00e9tabolisme\u00a0<\/strong><strong>ana\u00e9robie se d\u00e9veloppe, et le d\u00e9bit cardiaque s\u2019effondre. Ce n\u2019est,\u00a0<\/strong><strong>semble-t-il, qu\u2019\u00e0 partir de ce moment l\u00e0, qu\u2019en situation d\u2019h\u00e9modilution\u00a0<\/strong><strong>aigu\u00eb, la courbe de dissociation de l\u2019Hb se d\u00e9place vers la droite, par\u00a0<\/strong><strong>effet Bohr [129, 193]. Ceci permet aux tissus d\u2019extraire environ 10 %de plus\u00a0<\/strong><strong>d\u2019oxyg\u00e8ne.<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00f4le du syst\u00e8me nerveux autonome<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le du syst\u00e8me sympathique dans les modifications\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modynamiques observ\u00e9es lors de l\u2019h\u00e9modilution aigu\u00eb est certain.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Glick et Braunwald [63] avaient observ\u00e9, chez des chiens \u00e9veill\u00e9s et dilu\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 14 %, que l\u2019augmentation du d\u00e9bit cardiaque \u00e9tait moins importante\u00a0<\/strong><strong>quand<\/strong><strong>le coeur des chiens avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement d\u00e9nerv\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019adaptation\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modynamique \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution implique donc la participation du\u00a0<\/strong><strong>syst\u00e8me sympathique, bien que la concentration des cat\u00e9cholamines\u00a0<\/strong><strong>circulantes n\u2019augmente pas tr\u00e8s significativement chez le chien [63], ni\u00a0<\/strong><strong>chez le porc [206].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Si l\u2019injection pr\u00e9alable de b\u00eatabloqueurs semble avoir relativement peu\u00a0<\/strong><strong>d\u2019effet sur la r\u00e9ponse h\u00e9modynamique \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution, chez l\u2019animal\u00a0<\/strong><strong>anesth\u00e9si\u00e9, il n\u2019en va pas de m\u00eame des alphabloqueurs.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chapler et\u00a0<\/strong><strong>Cain [37] ont montr\u00e9 que chez des chiens en h\u00e9modilution\u00a0<\/strong><strong>normovol\u00e9mique \u00e0 15 %, l\u2019injection de ph\u00e9noxybenzamine abolit\u00a0<\/strong><strong>l\u2019augmentation du d\u00e9bit cardiaque et fait passer le CEO2 de 35 \u00e0 55 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019effet de ce blocage alpha-adr\u00e9nergique est \u00e0 peine att\u00e9nu\u00e9 par un\u00a0<\/strong><strong>remplissage vasculaire important. Ce travail a aussi montr\u00e9 que l\u2019effet\u00a0<\/strong><strong>observ\u00e9 du blocage alpha-adr\u00e9nergique durant une an\u00e9mie aigu\u00eb \u00e9tait en\u00a0<\/strong><strong>rapport avec une action au niveau du syst\u00e8me capacitif<\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019est une des raisons pour lesquelles les jurys des conf\u00e9rences de<\/strong><strong>consensus am\u00e9ricaine et fran\u00e7aise ont conclu que les limites de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019h\u00e9modilution devaient \u00eatre corrig\u00e9es \u00e0 la hausse chaque fois que l\u2019on\u00a0<\/strong><strong>soup\u00e7onne, chez un malade, la possibilit\u00e9 d\u2019une alt\u00e9ration des\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9canismes d\u2019adaptation \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution.<\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9ponses r\u00e9gionales \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les nombreux travaux concernant les facteurs g\u00e9n\u00e9raux d\u2019adaptation\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modynamique et m\u00e9tabolique \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution ne permettent pas de\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9juger de ce qui se passe au niveau de chaque organe. En effet, les\u00a0<\/strong><strong>conditions circulatoires et m\u00e9taboliques varient beaucoup d\u2019un organe \u00e0\u00a0<\/strong><strong>l\u2019autre. Chirurgiens et anesth\u00e9sistes savent bien que le sang veineux du\u00a0<\/strong><strong>sinus coronaire est le sang le plus noir de l\u2019organisme, car c\u2019est au niveau\u00a0<\/strong><strong>du coeur que l\u2019extraction de l\u2019oxyg\u00e8ne est la plus pouss\u00e9e.\u00c0l\u2019inverse, le\u00a0<\/strong><strong>sang des veines r\u00e9nales est le plus rouge des sangs veineux, parce que la\u00a0<\/strong><strong>circulation r\u00e9nale sert principalement \u00e0 autre chose qu\u2019\u00e0 satisfaire la\u00a0<\/strong><strong>demande m\u00e9tabolique de cet organe. Au cours de l\u2019an\u00e9mie aigu\u00eb\u00a0<\/strong><strong>normovol\u00e9mique, presque tous les d\u00e9bits locaux augmentent [150, 206].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Parall\u00e8lement \u00e0 ces ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019adaptation des circulations\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9gionales, l\u2019h\u00e9modilution entra\u00eene des modifications\u00a0<\/strong><strong>microcirculatoires particuli\u00e8rement favorables. Globalement, il se\u00a0<\/strong><strong>produit une redistribution du flux capillaire, qui conduit \u00e0 une\u00a0<\/strong><strong>distribution plus homog\u00e8ne des h\u00e9maties dans le r\u00e9seau capillaire\u00a0<\/strong><strong>[149, 209]. Cette redistribution capillaire des h\u00e9maties explique\u00a0<\/strong><strong>l\u2019homog\u00e9n\u00e9isation des pressions d\u2019oxyg\u00e8ne (PO2) tissulaires, par\u00a0<\/strong><strong>augmentation de la PO2 au niveau de zones qui sont sous-perfus\u00e9es\u00a0<\/strong><strong>quand l\u2019Ht est normal [129, 130].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Circulation coronarienne<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00b7 Coronaires saines<\/strong><\/p>\n<p><strong>La capacit\u00e9 de dilatation des art\u00e8res coronaires est consid\u00e9rable, si bien\u00a0<\/strong><strong>que chez l\u2019homme, le d\u00e9bit d\u2019une art\u00e8re coronaire saine peut se trouver\u00a0<\/strong><strong>multipli\u00e9 par quatre, voire six, si la demande m\u00e9tabolique myocardique\u00a0<\/strong><strong>le n\u00e9cessite. Comme le CEO2 au niveau du syst\u00e8me coronaire est d\u00e9j\u00e0\u00a0<\/strong><strong>plus \u00e9lev\u00e9 en situation basale que pour l\u2019ensemble de l\u2019organisme, c\u2019est\u00a0<\/strong><strong>essentiellement gr\u00e2ce \u00e0 cette vasodilatation que le myocarde s\u2019adapte \u00e0\u00a0<\/strong><strong>la diminution du contenu en oxyg\u00e8ne du sang art\u00e9riel.\u00a0<\/strong><strong>Lorsque l\u2019Ht est \u00e0 20 %, le d\u00e9bit coronarien double, mais la r\u00e9serve de\u00a0<\/strong><strong>dilatation coronarienne est d\u00e9j\u00e0 diminu\u00e9e de moiti\u00e9. Lorsque l\u2019Ht est \u00e0\u00a0<\/strong><strong>10 %, la fourniture basale coronarienne en oxyg\u00e8ne est encore assur\u00e9e,\u00a0<\/strong><strong>mais la dilatation coronarienne est maximale. Il n\u2019y a alors plus de\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9serve pour faire face \u00e0 une augmentation de la demande m\u00e9tabolique\u00a0<\/strong><strong>myocardique. Le coeur commence \u00e0 produire des lactates [214]. Tant que\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Ht est \u00e0 20 %, la r\u00e9partition du flux coronaire entre les couches sousendocardique\u00a0<\/strong><strong>et sous-\u00e9picardique est inchang\u00e9e [182], m\u00eame en cas\u00a0<\/strong><strong>d\u2019effort submaximal [1]. Lorsque l\u2019Ht est inf\u00e9rieur \u00e0 15 %, la proportion\u00a0<\/strong><strong>du flux sous-endocardique commence \u00e0 diminuer [26, 92].<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00b7 Il existe une st\u00e9nose coronarienne<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lorsque l\u2019on r\u00e9alise chez le chien une st\u00e9nose aigu\u00eb critique au niveau\u00a0<\/strong><strong>d\u2019une art\u00e8re coronaire, l\u2019installation progressive d\u2019une h\u00e9modilution\u00a0<\/strong><strong>s\u2019accompagne tr\u00e8s rapidement d\u2019une alt\u00e9ration de la fonction\u00a0<\/strong><strong>myocardique dans le territoire de l\u2019art\u00e8re st\u00e9nos\u00e9e. Ce\u00a0<\/strong><strong>dysfonctionnement appara\u00eet d\u00e8s que l\u2019Ht est inf\u00e9rieur \u00e0 30 % [77]. La\u00a0<\/strong><strong>compliance et la contractilit\u00e9 myocardiques diminuent progressivement\u00a0<\/strong><strong>avec la baisse de l\u2019Ht. En revanche, si l\u2019on supprime la st\u00e9nose alors que\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Ht est encore \u00e0 15 %, la fonction myocardique segmentaire se restaure\u00a0<\/strong><strong>rapidement. On peut simuler une st\u00e9nose critique en diminuant de\u00a0<\/strong><strong>50 mmHg la pression de perfusion au niveau d\u2019une art\u00e8re coronaire.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans ces conditions, une h\u00e9modilution abaissant \u00e0 18 % l\u2019Ht du sang\u00a0<\/strong><strong>perfus\u00e9 dans la coronaire fait appara\u00eetre un important\u00a0<\/strong><strong>dysfonctionnement segmentaire du myocarde [43].<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00b7 En r\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans la situation o\u00f9 la demande m\u00e9tabolique myocardique est basale,\u00a0<\/strong><strong>une h\u00e9modilution est tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9e par un coeur \u00e0 coronaires saines,\u00a0<\/strong><strong>jusqu\u2019\u00e0 une valeur de l\u2019Hb voisine de 4 g\/dL.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lorsqu\u2019il existe une st\u00e9nose critique, l\u2019oxyg\u00e9nation et le\u00a0<\/strong><strong>fonctionnement myocardiques peuvent \u00eatre compromis par une\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modilution tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9e.<\/strong><strong>Il est \u00e9vident qu\u2019en clinique, les st\u00e9noses coronariennes se constituent\u00a0<\/strong><strong>progressivement, et des circulations de suppl\u00e9ance peuvent se\u00a0d\u00e9velopper au niveau desquelles l\u2019h\u00e9modilution pourrait m\u00eame avoir\u00a0<\/strong><strong>alors des effets favorables, en homog\u00e9n\u00e9isant la r\u00e9partition des h\u00e9maties.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il n\u2019en reste pas moins vrai que les cliniciens savent depuis longtemps\u00a0<\/strong><strong>qu\u2019une an\u00e9mie peut faire appara\u00eetre les signes d\u2019une insuffisance\u00a0<\/strong><strong>coronarienne, en pr\u00e9sence d\u2019une st\u00e9nose jusque-l\u00e0 silencieuse. Ces\u00a0<\/strong><strong>donn\u00e9es exp\u00e9rimentales prouvent sans ambigu\u00eft\u00e9 que la tol\u00e9rance \u00e0 une\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modilution peut \u00eatre consid\u00e9rablement diminu\u00e9e en pr\u00e9sence de\u00a0<\/strong><strong>st\u00e9noses sur les art\u00e8res coronaires. Dans ces conditions, les limites de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019h\u00e9modilution sont difficiles \u00e0 fixer puisqu\u2019elles d\u00e9pendent de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019importance des l\u00e9sions coronariennes.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Circulation c\u00e9r\u00e9brale<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les \u00e9tudes exp\u00e9rimentales concernant les effets de l\u2019h\u00e9modilution sur la\u00a0<\/strong><strong>circulation c\u00e9r\u00e9brale nous apportent des r\u00e9sultats contradictoires.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les\u00a0<\/strong><strong>diff\u00e9rences ne semblent pas li\u00e9es au choix de l\u2019animal d\u2019exp\u00e9rience.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Certains travaux font \u00e9tat d\u2019une augmentation du d\u00e9bit sanguin c\u00e9r\u00e9bral\u00a0<\/strong><strong>de 400 \u00e0 500 %quand l\u2019Ht est \u00e0 10 %. D\u2019autres travaux rapportent, dans\u00a0<\/strong><strong>des conditions comparables, des augmentations du d\u00e9bit sanguin\u00a0<\/strong><strong>c\u00e9r\u00e9bral plus modestes, de 80 \u00e0 100 % [150, 206]. Chez le chien, une\u00a0<\/strong><strong>diminution de la fraction c\u00e9r\u00e9brale du d\u00e9bit cardiaque a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>pour un Ht \u00e0 25 %. Elle \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9duction du transport\u00a0<\/strong><strong>c\u00e9r\u00e9bral de l\u2019oxyg\u00e8ne [155]. De nombreux travaux ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s aux\u00a0<\/strong><strong>effets th\u00e9rapeutiques de l\u2019h\u00e9modilution chez des patients souffrant d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>isch\u00e9mie c\u00e9r\u00e9brale aigu\u00eb r\u00e9cente. Il s\u2019agissait le plus souvent d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modilution hypervol\u00e9mique (HDHV) et mod\u00e9r\u00e9e (Ht = 30 \u00e0 35 %).<\/strong><strong>Dans ces conditions, quelques essais th\u00e9rapeutiques contr\u00f4l\u00e9s font \u00e9tat\u00a0<\/strong><strong>d\u2019une am\u00e9lioration neurologique [23].<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution et foie<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le foie appara\u00eet comme un organe relativement vuln\u00e9rable face \u00e0 une\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modilution.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Une fraction de l\u2019oxyg\u00e8ne lui est apport\u00e9e par l\u2019art\u00e8re\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9patique et b\u00e9n\u00e9ficie des cons\u00e9quences rh\u00e9ologiques b\u00e9n\u00e9fiques de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019h\u00e9modilution.<\/strong><\/p>\n<p><strong>En revanche, la fraction d\u2019oxyg\u00e8ne qui lui est apport\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>par le d\u00e9bit sanguin portal est beaucoup plus menac\u00e9e quand le territoire\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9sent\u00e9rique est d\u00e9j\u00e0 en situation d\u2019extraire au maximum l\u2019oxyg\u00e8ne.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019intestin \u00ab se sert \u00bb avant le foie. En effet, lors d\u2019une h\u00e9modilution\u00a0<\/strong><strong>progressive, la PO2 de surface de la muqueuse j\u00e9junale se maintient \u00e0\u00a0<\/strong><strong>son niveau normal tant que l\u2019Ht est sup\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 10 %, alors qu\u2019au\u00a0<\/strong><strong>niveau de la s\u00e9reuse, la PO2 de surface diminue pour des valeurs d\u2019Ht\u00a0<\/strong><strong>inf\u00e9rieures \u00e0 15 % [78].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cela sous-entend que pour ce niveau\u00a0<\/strong><strong>d\u2019h\u00e9modilution, l\u2019extraction de l\u2019oxyg\u00e8ne est d\u00e9j\u00e0 maximale dans le\u00a0<\/strong><strong>sang porte avant son arriv\u00e9e dans le foie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La plupart des travaux exp\u00e9rimentaux montrent qu\u2019en h\u00e9modilution, la\u00a0<\/strong><strong>fraction h\u00e9patique du d\u00e9bit cardiaque diminue. Il est int\u00e9ressant de\u00a0<\/strong><strong>relever que le seul travail r\u00e9alis\u00e9 chez le porc ayant objectiv\u00e9 une\u00a0<\/strong><strong>augmentation notable du flux h\u00e9patique quand l\u2019Ht \u00e9tait r\u00e9duit de moiti\u00e9,\u00a0<\/strong><strong>a montr\u00e9 que cette augmentation de d\u00e9bit n\u2019avait pas emp\u00each\u00e9 une\u00a0<\/strong><strong>diminution de la PO2 \u00e0 la surface du foie [141]. Ceci montre que les\u00a0<\/strong><strong>capacit\u00e9s d\u2019adaptation au niveau de l\u2019art\u00e8re h\u00e9patique sont insuffisantes<\/strong><strong>pour compenser la chute du contenu en oxyg\u00e8ne du sang portal. Comme\u00a0<\/strong><strong>le foie du porc est r\u00e9put\u00e9 repr\u00e9senter un bon mod\u00e8le du foie de l\u2019homme,\u00a0<\/strong><strong>une transposition des r\u00e9sultats de N\u00f6ldge et al [141] conduit \u00e0 penser que,\u00a0<\/strong><strong>chez l\u2019homme endormi, l\u2019oxyg\u00e9nation h\u00e9patique pourrait commencer \u00e0\u00a0<\/strong><strong>se trouver compromise par un Ht inf\u00e9rieur \u00e0 20 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Situations particuli\u00e8res : donn\u00e9es exp\u00e9rimentales\u00a0<\/strong><strong>et cliniques<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution et hypovol\u00e9mie<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il est classique et justifi\u00e9 de dire que l\u2019h\u00e9modilution n\u2019est licite qu\u2019\u00e0 la\u00a0<\/strong><strong>condition que le volume sanguin total soit normal ou augment\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Toutefois, plusieurs travaux exp\u00e9rimentaux ont montr\u00e9 qu\u2019en situation\u00a0<\/strong><strong>d\u2019hypovol\u00e9mie, il est souhaitable pour le TO2 que l\u2019Ht soit plut\u00f4t\u00a0<\/strong><strong>abaiss\u00e9. Dans ces conditions, en effet, l\u2019extraction tissulaire de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019oxyg\u00e8ne est am\u00e9lior\u00e9e par l\u2019h\u00e9modilution. Ainsi, chez le chien\u00a0<\/strong><strong>hypovol\u00e9mique, l\u2019abaissement de l\u2019Ht de 40 \u00e0 30 %fait passer la CEO2\u00a0<\/strong><strong>de 51 \u00e0 68 % et le TO2crit diminue [203]. Ceci s\u2019explique tr\u00e8s\u00a0<\/strong><strong>vraisemblablement par le fait que l\u2019hypovol\u00e9mie aggrave les in\u00e9galit\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>physiologiques de la distribution capillaire des h\u00e9maties.<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019h\u00e9modilution, au contraire, en diminuant la viscosit\u00e9 sanguine,\u00a0<\/strong><strong>diminue le nombre des capillaires \u00e0 d\u00e9bit lent [209]. Ces donn\u00e9es\u00a0<\/strong><strong>expliquent les r\u00e9sultats de travaux de Jan et Chien [96], qui avaient montr\u00e9\u00a0<\/strong><strong>que chez le chien hypovol\u00e9mique, le transport maximal de l\u2019oxyg\u00e8ne est\u00a0<\/strong><strong>am\u00e9lior\u00e9 par une baisse de l\u2019Ht. Cet effet \u00e9tait apparu particuli\u00e8rement\u00a0<\/strong><strong>net au niveau de la circulation coronarienne, o\u00f9 le TO2 \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9\u00a0<\/strong><strong>quand l\u2019Ht \u00e9tait \u00e0 25 %, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 35 ou 40 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution et hypotension art\u00e9rielle<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u2019il est pr\u00e9f\u00e9rable que le sujet hypovol\u00e9mique soit un peu h\u00e9modilu\u00e9, en\u00a0<\/strong><strong>revanche, quand un patient est h\u00e9modilu\u00e9, il est tr\u00e8s important qu\u2019il ne\u00a0<\/strong><strong>soit pas hypotendu. Chez des chiens h\u00e9modilu\u00e9s \u00e0 23 %, une\u00a0<\/strong><strong>hypotension de 50 mmHg, obtenue par la perfusion d\u2019un\u00a0<\/strong><strong>gangliopl\u00e9gique, entra\u00eene une diminution des transports r\u00e9gionaux\u00a0<\/strong><strong>d\u2019oxyg\u00e8ne de 16 % pour le cerveau, de 45 % pour le coeur, et de 51 %\u00a0<\/strong><strong>pour la corticale r\u00e9nale [145]. Alors que les chiens tol\u00e8rent parfaitement\u00a0<\/strong><strong>une h\u00e9modilution \u00e0 17 %, une diminution de 50 % de la pression de\u00a0<\/strong><strong>perfusion coronarienne entra\u00eene une diminution importante de la V\u02d9 O2\u00a0<\/strong><strong>myocardique et une diminution de la contractilit\u00e9 myocardique [43]. Le\u00a0<\/strong><strong>simple fait de diviser par deux l\u2019Ht du porc s\u2019accompagne d\u2019une baisse\u00a0<\/strong><strong>de la PO2 \u00e0 la surface du foie. Si on r\u00e9alise \u00e0 ce moment-l\u00e0 une\u00a0<\/strong><strong>hypotension par inhalation d\u2019isoflurane, l\u2019hypoxie h\u00e9patique s\u2019aggrave\u00a0<\/strong><strong>consid\u00e9rablement, et la captation h\u00e9patique des lactates s\u2019effondre de\u00a0<\/strong><strong>75 % [141].<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution et hypothermie<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au cours des interventions chirurgicales majeures,<\/strong><\/p>\n<p><strong>les patients sont\u00a0<\/strong><strong>souvent hypothermes. Une r\u00e9duction de la temp\u00e9rature centrale de 1 \u00b0C\u00a0<\/strong><strong>s\u2019accompagne d\u2019une diminution de 6 %de laV\u02d9 O2.\u00c030 \u00b0C, la demande\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9tabolique globale est diminu\u00e9e de 45 %.<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u2019autre part, l\u2019hypothermie augmente notablement la viscosit\u00e9 sanguine\u00a0<\/strong><strong>et, \u00e0 d\u00e9bit cardiaque constant, la pression art\u00e9rielle. C\u2019est la raison pour\u00a0<\/strong><strong>laquelle l\u2019h\u00e9modilution est apparue tr\u00e8s vite indispensable en chirurgie\u00a0<\/strong><strong>cardiaque pour compenser cet effet de l\u2019hypothermie sur la viscosit\u00e9\u00a0<\/strong><strong>sanguine. H\u00e9modilution et hypothermie ont donc des effets circulatoires\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9ciproques favorables. En revanche, il existe de bonnes raisons de\u00a0<\/strong><strong>penser que l\u2019h\u00e9modilution, comme l\u2019hypothermie, est susceptible de\u00a0<\/strong><strong>majorer le saignement perop\u00e9ratoire (cf infra).Au cours de la circulation\u00a0<\/strong><strong>extracorporelle (CEC) en chirurgie cardiaque, la temp\u00e9rature centrale\u00a0<\/strong><strong>est parfois abaiss\u00e9e entre 26 \u00b0C et 30 \u00b0C. \u00c0 ces temp\u00e9ratures, la\u00a0<\/strong><strong>diminution tr\u00e8s importante de la demande m\u00e9tabolique explique la tr\u00e8s\u00a0<\/strong><strong>grande tol\u00e9rance vis-\u00e0-vis d\u2019h\u00e9modilutions pouss\u00e9es au-dessous de\u00a0<\/strong><strong>20 % [85]. Durant l\u2019hypothermie de la CEC, la Sv\u00dfO2 appara\u00eet\u00a0<\/strong><strong>ind\u00e9pendante de l\u2019Ht, quand celui-ci varie entre 30 et 20 % [10]. Ce n\u2019est\u00a0<\/strong><strong>pas, rappelons-le, le cas chez des op\u00e9r\u00e9s normothermes qui, dans cette\u00a0<\/strong><strong>zone, doivent augmenter d\u2019autant plus leur CEO2 que l\u2019Ht est plus bas.<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution, procubitus et effort<\/strong><\/p>\n<p><strong>Presque toutes les donn\u00e9es physiopathologiques concernant\u00a0<\/strong><strong>l\u2019h\u00e9modilution ont \u00e9t\u00e9 acquises chez des animaux ou des patients\u00a0<\/strong><strong>endormis et\/ou en d\u00e9cubitus. \u00c0 notre connaissance, une seule \u00e9tude a\u00a0<\/strong><strong>\u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e chez des volontaires sains, \u00e2g\u00e9s en moyenne de 25 ans, pour\u00a0<\/strong><strong>\u00e9valuer les cons\u00e9quences de l\u2019h\u00e9modilution en procubitus et lors\u00a0<\/strong><strong>d\u2019efforts submaximaux et maximaux [216]. Au cours de l\u2019h\u00e9modilution,\u00a0<\/strong><strong>le d\u00e9bit cardiaque \u00e9tait augment\u00e9 de 50 %quand ces volontaires \u00e9taient\u00a0<\/strong><strong>en d\u00e9cubitus. Il ne l\u2019\u00e9tait plus que de 17 %en procubitus. Pour un niveau\u00a0<\/strong><strong>d\u2019effort donn\u00e9, le d\u00e9bit cardiaque \u00e9tait sup\u00e9rieur de 20 % en\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modilution. Cette augmentation \u00e9tait exclusivement li\u00e9e \u00e0 une\u00a0<\/strong><strong>acc\u00e9l\u00e9ration de la fr\u00e9quence cardiaque. Enfin, l\u2019effort maximal possible\u00a0<\/strong><strong>\u00e9tait proportionnel \u00e0 la concentration d\u2019Hb. Une autre donn\u00e9e avait d\u00e9j\u00e0\u00a0<\/strong><strong>\u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e chez les patients en an\u00e9mie chronique : en procubitus, la\u00a0<\/strong><strong>pression art\u00e9rielle est plus faible lorsque les sujets sont h\u00e9modilu\u00e9s. Ceci\u00a0<\/strong><strong>pourrait \u00eatre un facteur d\u00e9favorable lors du lever de l\u2019op\u00e9r\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Toutefois,\u00a0<\/strong><strong>sur ce point pr\u00e9cis, on ne dispose pas d\u2019informations cliniques\u00a0<\/strong><strong>objectives.<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution chez les sujets \u00e2g\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><strong>On sait depuis longtemps que chez les sujets chroniquement an\u00e9mi\u00e9s, le\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9bit cardiaque est beaucoup moins augment\u00e9 quand ils sont \u00e2g\u00e9s [48].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Chez les op\u00e9r\u00e9s \u00e2g\u00e9s, un seul travail fait \u00e9tat, lors d\u2019une h\u00e9modilution\u00a0<\/strong><strong>mod\u00e9r\u00e9e, d\u2019une aussi bonne adaptation du d\u00e9bit cardiaque apr\u00e8s 60 ans\u00a0<\/strong><strong>qu\u2019avant 60 ans [208]. En revanche, plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que le\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9bit cardiaque n\u2019augmente pas chez les patients de plus de 65 ans sous\u00a0<\/strong><strong>anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale, lorsque leur Ht est abaiss\u00e9 de 40 \u00e0 30 % [156, 204]. Il\u00a0<\/strong><strong>en r\u00e9sulte chez eux une baisse pr\u00e9coce du TO2, proportionnelle \u00e0 la\u00a0<\/strong><strong>baisse de l\u2019Ht. Pendant la r\u00e9alisation d\u2019une arthroplastie de hanche chez\u00a0<\/strong><strong>10 patients sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale et h\u00e9modilu\u00e9s \u00e0 29 %, leCEO2 s\u2019est\u00a0<\/strong><strong>\u00e9lev\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 32 % en moyenne, au moment du scellement [204]. Des<\/strong><strong>r\u00e9sultats identiques ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s chez un groupe de 20 patients, \u00e2g\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>de 66 \u00e0 88 ans, au cours d\u2019une h\u00e9modilution normovol\u00e9mique (HDNV)\u00a0<\/strong><strong>ayant abaiss\u00e9 la concentration de Hb autour de 9 g\/dL [179]. Ces travaux\u00a0<\/strong><strong>montrent donc que lors d\u2019une h\u00e9modilution mod\u00e9r\u00e9e, la capacit\u00e9\u00a0<\/strong><strong>d\u2019adaptation des personnes \u00e2g\u00e9es est limit\u00e9e et susceptible d\u2019\u00eatre tr\u00e8s\u00a0<\/strong><strong>vite d\u00e9pass\u00e9e lors d\u2019une demande m\u00e9tabolique accrue.<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution chez les coronariens en dehors\u00a0<\/strong><strong>de la chirurgie cardiaque<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 que des coronariens stabilis\u00e9s et sans insuffisance\u00a0<\/strong><strong>cardiaque supportent tr\u00e8s bien une h\u00e9modilution \u00e0 32 %, en dehors de\u00a0<\/strong><strong>tout contexte chirurgical [109]. \u00c0 l\u2019inverse, chez des patients \u00e2g\u00e9s, une\u00a0<\/strong><strong>an\u00e9mie peut faire appara\u00eetre les manifestations cliniques d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>insuffisance coronarienne latente [7]. Lors d\u2019une chirurgie vasculaire\u00a0<\/strong><strong>chez des coronariens reconnus, ceux dont l\u2019Ht a \u00e9t\u00e9 maintenu \u00e0 27 %\u00a0<\/strong><strong>n\u2019avaient pas un d\u00e9bit cardiaque diff\u00e9rent de ceux du groupe de contr\u00f4le\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 38 %. N\u00e9anmoins, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9, dans le groupe h\u00e9modilu\u00e9,\u00a0<\/strong><strong>plus d\u2019anomalies de la fonction ventriculaire pendant l\u2019op\u00e9ration et lors\u00a0<\/strong><strong>du r\u00e9veil [201, 202]. Au cours de la chirurgie de l\u2019aorte abdominale, les\u00a0<\/strong><strong>patients dont l\u2019Ht \u00e9tait \u00e0 30 % ont paradoxalement mieux support\u00e9 la\u00a0<\/strong><strong>contrainte m\u00e9canique du clampage de l\u2019aorte que ceux dont l\u2019Ht \u00e9tait \u00e0\u00a0<\/strong><strong>38 %. Chez ces derniers, on a observ\u00e9 des anomalies segmentaires de la\u00a0<\/strong><strong>fonction ventriculaire [36]. En revanche, durant les 72 heures qui suivirent\u00a0<\/strong><strong>une intervention de chirurgie vasculaire chez des patients monitor\u00e9s de\u00a0<\/strong><strong>fa\u00e7on continue, l\u2019incidence des \u00e9pisodes isch\u00e9miques a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s\u00a0<\/strong><strong>significativement plus \u00e9lev\u00e9e chez ceux dont l\u2019Ht \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 29 %\u00a0<\/strong><strong>que chez ceux dont l\u2019Ht \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 29 % [39]. Des constatations\u00a0<\/strong><strong>semblables ont \u00e9t\u00e9 faites chez des patients op\u00e9r\u00e9s de la prostate [91] ou de\u00a0<\/strong><strong>l\u2019aorte abdominale, chez qui l\u2019ensemble des effets cardiaques\u00a0<\/strong><strong>ind\u00e9sirables observ\u00e9s en r\u00e9animation postop\u00e9ratoire (d\u00e9c\u00e8s, infarctus du\u00a0<\/strong><strong>myocarde, angor et surcharge pulmonaire) est apparu significativement\u00a0<\/strong><strong>plus fr\u00e9quent chez les op\u00e9r\u00e9s dont l\u2019Ht \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 28 % [139].<\/strong><\/p>\n<p><strong>H\u00e9modilution et h\u00e9mostase perop\u00e9ratoire<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il y a plus de 30 ans que Hellem avait attir\u00e9 l\u2019attention des cliniciens sur\u00a0<\/strong><strong>le r\u00f4le desGRdans l\u2019h\u00e9mostase primaire. Depuis cette \u00e9poque, plusieurs\u00a0<\/strong><strong>travaux ont confirm\u00e9 que, pour une concentration donn\u00e9e de plaquettes,\u00a0<\/strong><strong>il existe une corr\u00e9lation significative entre l\u2019Ht et le temps de saignement\u00a0<\/strong><strong>[52, 174]. Les GR interf\u00e8rent avec l\u2019activit\u00e9 plaquettaire par des\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9canismes qui semblent \u00eatre chimiques et m\u00e9caniques [196]. Pour des\u00a0<\/strong><strong>vitesses de cisaillement correspondant aux vitesses sanguines dans la\u00a0<\/strong><strong>circulation pr\u00e9capillaire, l\u2019importance de l\u2019adh\u00e9sion pari\u00e9tale des\u00a0<\/strong><strong>plaquettes est inversement proportionnelle \u00e0 l\u2019Ht. L\u2019interaction\u00a0<\/strong><strong>plaquettes-h\u00e9maties est particuli\u00e8rement nette chez les patients\u00a0<\/strong><strong>thrombop\u00e9niques et an\u00e9miques o\u00f9 l\u2019apport de GR corrige de fa\u00e7on\u00a0<\/strong><strong>appr\u00e9ciable les anomalies de l\u2019h\u00e9mostase [52]. En revanche, une \u00e9tude\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9cente a montr\u00e9 que la dilution du sang in vitro par du s\u00e9rum sal\u00e9 \u00e0\u00a0<\/strong><strong>0,9 % ou par de l\u2019Haemaccelt, entra\u00eene des modifications sur le\u00a0<\/strong><strong>thrombo\u00e9lastogramme, avec un raccourcissement de r + k et une\u00a0<\/strong><strong>accentuation de l\u2019angle \u00e1 [164].<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces signes sont g\u00e9n\u00e9ralement interpr\u00e9t\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>comme ceux d\u2019un \u00e9tat d\u2019hypercoagulabilit\u00e9, mais ils ne surprennent pas\u00a0<\/strong><strong>les coagulationnistes qui savent bien que les plaquettes sont activ\u00e9es\u00a0<\/strong><strong>quand on les dilue in vitro dans une solution de Ringer lactate.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Morbidit\u00e9 et mortalit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il est tr\u00e8s difficile, sinon impossible, de dire actuellement quelle est\u00a0<\/strong><strong>l\u2019influence de l\u2019h\u00e9modilution sur la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9 des op\u00e9r\u00e9s,\u00a0<\/strong><strong>d\u2019une part parce qu\u2019il existe tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9tudes randomis\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es,\u00a0<\/strong><strong>d\u2019autre part parce que, hormis le cas de la chirurgie cardiaque, dans les\u00a0<\/strong><strong>rares \u00e9tudes publi\u00e9es, l\u2019h\u00e9modilution \u00e9tait mod\u00e9r\u00e9e avec une Hb autour\u00a0<\/strong><strong>de 10 g\/dL. Ces \u00e9tudes, dont la m\u00e9thodologie est souvent m\u00e9diocre,\u00a0<\/strong><strong>donnent des r\u00e9sultats contradictoires et difficilement interpr\u00e9tables.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans l\u2019ensemble, il ne semble pas qu\u2019une concentration d\u2019Hb inf\u00e9rieure\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 10 g\/dL apparaisse comme un facteur de morbidit\u00e9 et de mortalit\u00e9\u00a0<\/strong><strong>particulier [124, 181]. Une \u00e9tude prospective et randomis\u00e9e [33] a \u00e9t\u00e9\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9cemment r\u00e9alis\u00e9e chez des op\u00e9r\u00e9s pour fracture du col du f\u00e9mur. Deux\u00a0<\/strong><strong>strat\u00e9gies transfusionnelles ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9es. Une strat\u00e9gie \u00ab lib\u00e9rale\u00a0<\/strong><strong>\u00bb, o\u00f9 le seuil transfusionnel \u00e9tait une Hb inf\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 10 g\/dL,\u00a0<\/strong><strong>et une strat\u00e9gie \u00ab restrictive \u00bb, o\u00f9 une transfusion n\u2019\u00e9tait effectu\u00e9e que si\u00a0<\/strong><strong>l\u2019Hb \u00e9tait inf\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 8 g\/dL, ou si apparaissaient des signes\u00a0<\/strong><strong>d\u2019intol\u00e9rance \u00e0 l\u2019an\u00e9mie. Il n\u2019y a pas eu de diff\u00e9rence significative pour<\/strong><strong>ce qui concerne la mortalit\u00e9 \u00e0 1 mois, ni \u00e0 2 mois. Le nombre des patients\u00a0<\/strong><strong>capables de d\u00e9ambuler dans leur chambre au bout de 2 mois \u00e9tait de\u00a0<\/strong><strong>19\/42 (strat\u00e9gie \u00ab lib\u00e9rale \u00bb), et de 16\/42 (strat\u00e9gie \u00ab restrictive \u00bb).<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quand l\u2019Hb \u00e9tait inf\u00e9rieure \u00e0 8 g\/dL, il y a eu 11 d\u00e9c\u00e8s sur 22 op\u00e9r\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>(50 %). En reprenant 61 publications consacr\u00e9es \u00e0 4 722 t\u00e9moins de\u00a0<\/strong><strong>J\u00e9hovah, Viele et Weiskopf [210] ont retrouv\u00e9 une mortalit\u00e9 de pr\u00e8s de\u00a0<\/strong><strong>40 % chez ceux dont l\u2019Hb \u00e9tait inf\u00e9rieure \u00e0 8 g\/dL avant l\u2019op\u00e9ration.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Plus r\u00e9cemment, Carson et al [34] ont r\u00e9analys\u00e9 les dossiers de 1 958\u00a0<\/strong><strong>op\u00e9r\u00e9s \u00e2g\u00e9s de plus de 18 ans, et qui refusaient la transfusion pour des\u00a0<\/strong><strong>raisons religieuses. Il en est ressorti que chez les patients qui \u00e9taient\u00a0<\/strong><strong>porteurs d\u2019une atteinte cardiaque, plus la concentration pr\u00e9op\u00e9ratoire\u00a0<\/strong><strong>d\u2019Hb \u00e9tait basse, plus la mortalit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 grande (croissance d\u2019allure\u00a0<\/strong><strong>exponentielle). Par rapport aux patients indemnes de cardiopathie, la\u00a0<\/strong><strong>diff\u00e9rence \u00e9tait nette d\u00e8s que la concentration pr\u00e9op\u00e9ratoire d\u2019Hb \u00e9tait\u00a0<\/strong><strong>inf\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 10 g\/dL.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces travaux confirment donc, indirectement mais sans ambigu\u00eft\u00e9, qu\u2019il\u00a0<\/strong><strong>vaut mieux pouvoir transfuser les patients qui saignent pendant une\u00a0<\/strong><strong>intervention chirurgicale quand l\u2019Hb est inf\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 8 g\/dL. Ils\u00a0<\/strong><strong>indiquent aussi que lors d\u2019interventions non cardiaques, il vaut mieux\u00a0<\/strong><strong>pouvoir transfuser les patients cardiaques lorsque l\u2019Hb est inf\u00e9rieure \u00e0\u00a0<\/strong><strong>10 g\/dL.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous ne nous \u00e9tendrons pas sur le seuil transfusionnel des patients qui\u00a0<\/strong><strong>sont en r\u00e9animation, car il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me \u00e0 la limite du sujet.\u00a0<\/strong><strong>Plusieurs \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9es \u00e0 cette question.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans l\u2019ensemble, leurs conclusions recoupent plus ou moins les\u00a0<\/strong><strong>conclusions d\u2019une remarquable \u00e9tude r\u00e9cente prospective et\u00a0<\/strong><strong>randomis\u00e9e, qui a port\u00e9 sur 838 patients [87]. Le fait de maintenir, pendant\u00a0<\/strong><strong>tout leur s\u00e9jour en r\u00e9animation, l\u2019Hb des patients \u00e0 8,5 g\/dL plut\u00f4t qu\u2019\u00e0\u00a0<\/strong><strong>10,7 g\/dL, tend \u00e0 diminuer l\u2019incidence des d\u00e9faillances d\u2019organes, \u00e0\u00a0<\/strong><strong>am\u00e9liorer le pronostic vital \u00e0 30 et \u00e0 60 jours, et \u00e0 diminuer la dur\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>d\u2019hospitalisation en r\u00e9animation.<\/strong><\/p>\n<p><strong>En r\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>La seule question qu\u2019il est licite de se poser est celle-ci : \u00ab Quel\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9matocrite pour quelle situation m\u00e9tabolique ? \u00bb. En fait, les besoins\u00a0<\/strong><strong>en oxyg\u00e8ne de l\u2019op\u00e9r\u00e9 sont extr\u00eamement variables. Endormi et plus o\u00a0<\/strong><strong>moins hypotherme, saV\u02d9 O2 est diminu\u00e9e de 20 \u00e0 45 % par rapport \u00e0 la\u00a0<\/strong><strong>consommation basale. En revanche, au moment de la contrainte\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9tabolique du r\u00e9veil, elle peut \u00eatre deux \u00e0 trois fois plus \u00e9lev\u00e9e que la\u00a0<\/strong><strong>demande basale. Ensuite, l\u2019op\u00e9r\u00e9 se l\u00e8ve, marche ou se r\u00e9\u00e9duque. Il est\u00a0<\/strong><strong>parfois en r\u00e9animation en situation d\u2019\u00ab hyperm\u00e9tabolisme \u00bb. On voit\u00a0<\/strong><strong>ainsi que la question du choix de l\u2019Ht de l\u2019op\u00e9r\u00e9 ne peut avoir une\u00a0<\/strong><strong>r\u00e9ponse unique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il est donc clair qu\u2019avec une Hb \u00e0 10 g\/dL, tous les op\u00e9r\u00e9s peuvent faire\u00a0<\/strong><strong>face \u00e0 presque toutes les situations m\u00e9taboliques qu\u2019ils peuvent\u00a0<\/strong><strong>rencontrer. Accepter une Hb entre 7 et 10 g\/dL est une d\u00e9cision qui\u00a0<\/strong><strong>rel\u00e8ve d\u2019une bonne \u00e9valuation de la situation clinique en int\u00e9grant le\u00a0<\/strong><strong>niveau des besoins m\u00e9taboliques pr\u00e9visibles et les possibilit\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>d\u2019adaptation de chaque patient. C\u2019est une d\u00e9cision m\u00e9dicale\u00a0<\/strong><strong>individualis\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il n\u2019existe pas actuellement de donn\u00e9es solides concernant la bonne\u00a0<\/strong><strong>tol\u00e9rance, en termes de morbidit\u00e9 et de mortalit\u00e9, d\u2019une Hb inf\u00e9rieure \u00e0\u00a0<\/strong><strong>8 g\/dL apr\u00e8s une intervention chirurgicale. On sait cependant que les\u00a0<\/strong><strong>pr\u00e9parations de GR homologues sont devenues des produits d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>qualit\u00e9 telle que le risque r\u00e9siduel mortel est inf\u00e9rieur \u00e0 1\/100 000.<\/strong><\/p>\n<p><strong>D\u2019autre part, la mortalit\u00e9 et la morbidit\u00e9 apr\u00e8s chirurgie majeure,\u00a0<\/strong><strong>digestive, vasculaire ou cardiaque, se chiffre en pour cent. Il n\u2019est donc\u00a0<\/strong><strong>pas difficile d\u2019imaginer que si une strat\u00e9gie transfusionnelle tr\u00e8s\u00a0<\/strong><strong>restrictive se soldait par une morbidit\u00e9 suppl\u00e9mentaire de 1\u2030(il s\u2019agit\u00a0<\/strong><strong>d\u2019une simple hypoth\u00e8se), elle serait extr\u00eamement difficile, sinon\u00a0<\/strong><strong>impossible, \u00e0 objectiver. Et pourtant (toujours dans cette hypoth\u00e8se),\u00a0<\/strong><strong>cela voudrait dire que l\u2019abstention transfusionnelle serait 100 fois plus\u00a0<\/strong><strong>dangereuse que la transfusion homologue ! La d\u00e9cision m\u00e9dicale est\u00a0<\/strong><strong>souvent un pari probabiliste. Il faut donc souhaiter que l\u2019arbre des\u00a0<\/strong><strong>risques transfusionnels r\u00e9siduels, parce qu\u2019ils sont plus faciles \u00e0 chiffrer,\u00a0<\/strong><strong>ne nous cache pas la for\u00eat des cons\u00e9quences d\u2019une an\u00e9mie p\u00e9riop\u00e9ratoire\u00a0<\/strong><strong>trop importante, que nous aurions beaucoup de difficult\u00e9 \u00e0 objectiver.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Recommandations de bonne pratique clinique\u00a0<\/strong><strong>concernant l\u2019indication d\u2019une transfusion\u00a0<\/strong><strong>de globules rouges<\/strong><\/p>\n<p><strong>On peut consid\u00e9rer tr\u00e8s sch\u00e9matiquement que ces RBPC rel\u00e8vent de\u00a0<\/strong><strong>deux attitudes tr\u00e8s diff\u00e9rentes :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 l\u2019utilisation des GR doit \u00eatre uniquement curative ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 l\u2019utilisation des GR est essentiellement prophylactique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Indication uniquement curative<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce sont les recommandations de l\u2019American College of Physicians, de\u00a0<\/strong><strong>1992 [5]. Le groupe d\u2019experts (qui ne comportait pas d\u2019anesth\u00e9sistesr\u00e9animateurs)\u00a0<\/strong><strong>avait affirm\u00e9 que :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 les transfusions deGRhomologues doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9es au maximum,\u00a0<\/strong><strong>et la disponibilit\u00e9 de sang autologue doit absolument \u00eatre planifi\u00e9e\u00a0<\/strong><strong>chaque fois qu\u2019une perte sanguine est pr\u00e9visible ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 en cas d\u2019an\u00e9mie aigu\u00eb, l\u2019objectif de la transfusion est de supprimer\u00a0<\/strong><strong>les sympt\u00f4mes qui persistent apr\u00e8s un remplissage vasculaire correct,\u00a0<\/strong><strong>par perfusion de cristallo\u00efdes ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 il ne doit pas y avoir de transfusion prophylactique (c\u2019est-\u00e0-dire en\u00a0<\/strong><strong>l\u2019absence de signes cliniques en rapport avec l\u2019an\u00e9mie) ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 en cons\u00e9quence de quoi : \u00ab Chez les patients normovol\u00e9miques\u00a0<\/strong><strong>asymptomatiques, il n\u2019y a pas d\u2019indication de transfusion tant que l\u2019on\u00a0<\/strong><strong>n\u2019observe pas de d\u00e9t\u00e9rioration des signes vitaux, ou que les patients ne\u00a0<\/strong><strong>d\u00e9veloppent pas des sympt\u00f4mes \u00bb. Ces sympt\u00f4mes sont pr\u00e9cis\u00e9s :\u00a0<\/strong><strong>\u00ab syncopes, dyspn\u00e9e, hypotension posturale, tachycardie, angor ou\u00a0<\/strong><strong>attaque c\u00e9r\u00e9brale transitoire \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Indication prophylactique<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sous ce titre, on retrouve toutes les autres RBPC, qui prennent comme\u00a0<\/strong><strong>base de l\u2019indication la valeur de l\u2019Ht ou de la concentration d\u2019Hb. Cela\u00a0<\/strong><strong>revient donc \u00e0 dire que la transfusion doit \u00eatre envisag\u00e9e avant\u00a0<\/strong><strong>l\u2019apparition de signes cliniques d\u2019an\u00e9mie aigu\u00eb.<\/strong><\/p>\n<p><strong>La conf\u00e9rence de consensus fran\u00e7aise de 1994 [167] a commenc\u00e9 par\u00a0<\/strong><strong>rappeler que les causes d\u2019erreurs dans la mesure de l\u2019Ht sont plus\u00a0<\/strong><strong>nombreuses que pour la mesure de la concentration d\u2019Hb, et a donc\u00a0<\/strong><strong>recommand\u00e9 de se r\u00e9f\u00e9rer pr\u00e9f\u00e9rentiellement \u00e0 cette derni\u00e8re valeur.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Toutes ces RBPC ont repris l\u2019id\u00e9e initialement d\u00e9velopp\u00e9e par la\u00a0<\/strong><strong>conf\u00e9rence de consensus du National Institute of Health (NIH) de\u00a0<\/strong><strong>1988 [41], \u00e0 savoir qu\u2019il n\u2019y a pas de seuil transfusionnel unique,\u00a0<\/strong><strong>applicable \u00e0 tous les patients, mais une zone de la concentration d\u2019Hb o\u00f9\u00a0<\/strong><strong>l\u2019indication doit \u00eatre envisag\u00e9e cas par cas. En p\u00e9riode chirurgicale, cette\u00a0<\/strong><strong>zone est comprise entre 7 et 10 g\/dL dans les RBPC du NIH de 1988 [41],\u00a0<\/strong><strong>de la SFAR de 1994 [167], et dans celles de l\u2019ANAES de 1997 [4]. Pour\u00a0<\/strong><strong>d\u2019autres RBPC, notamment celles de l\u2019ASA de 1996 [8], une transfusion\u00a0<\/strong><strong>doit \u00eatre envisag\u00e9e quand la concentration d\u2019Hb est comprise entre 6 et\u00a0<\/strong><strong>10 g\/dL : \u00ab Entre ces deux valeurs, la d\u00e9cision de transfuser d\u00e9pend du\u00a0<\/strong><strong>jugement clinique, qui doit prendre en compte les \u00e9l\u00e9ments connus pour\u00a0<\/strong><strong>modifier la tol\u00e9rance \u00e0 l\u2019an\u00e9mie [167]. \u00bb La conf\u00e9rence de consensus\u00a0<\/strong><strong>SFAR-ANDEM [167] a apport\u00e9 un certain nombre de pr\u00e9cisions\u00a0<\/strong><strong>importantes :<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 compte tenu de d\u00e9penses m\u00e9taboliques diff\u00e9rentes, on peut envisager\u00a0<\/strong><strong>des seuils transfusionnels diff\u00e9rents, suivant que le patient est sous\u00a0<\/strong><strong>anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale et, dans cette situation, le seuil transfusionnel peut\u00a0<\/strong><strong>\u00eatre autour de 7 g\/dL, ou en p\u00e9riode postop\u00e9ratoire o\u00f9 une demande\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9tabolique plus \u00e9lev\u00e9e et les n\u00e9cessit\u00e9s de d\u00e9ambulation peuvent\u00a0<\/strong><strong>impliquer un seuil plus \u00e9lev\u00e9 ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 il est indispensable d\u2019adapter le seuil transfusionnel au terrain, au type\u00a0<\/strong><strong>de chirurgie, et \u00e0 l\u2019\u00e9volutivit\u00e9 actuelle ou potentielle de l\u2019h\u00e9morragie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le seuil transfusionnel doit \u00eatre proche de 10 g\/dL chez tous les patients\u00a0<\/strong><strong>o\u00f9 il existe des facteurs de r\u00e9duction de leur capacit\u00e9 d\u2019adaptation \u00e0\u00a0<\/strong><strong>l\u2019an\u00e9mie : \u00e2ge avanc\u00e9, cardiopathie limitant l\u2019augmentation du d\u00e9bit\u00a0<\/strong><strong>cardiaque, coronaropathie, prise de m\u00e9dicaments interf\u00e9rant avec les\u00a0<\/strong><strong>m\u00e9canismes d\u2019adaptation (b\u00eatabloqueurs, inhibiteurs de l\u2019enzyme de\u00a0<\/strong><strong>conversion), et enfin, insuffisance respiratoire avec hypox\u00e9mie\u00a0<\/strong><strong>chronique. Pour un terrain donn\u00e9, le seuil transfusionnel doit \u00eatre plus\u00a0<\/strong><strong>\u00e9lev\u00e9, tant que le potentiel h\u00e9morragique reste grand ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 en ce qui concerne la c\u00e9sarienne, le jury a indiqu\u00e9 que si des valeurs\u00a0<\/strong><strong>d\u2019Hb \u00e0 8 g\/dL sont bien tol\u00e9r\u00e9es avant l\u2019extraction foetale, en revanche,\u00a0<\/strong><strong>le seuil \u00e0 retenir dans la perspective d\u2019une c\u00e9sarienne h\u00e9morragique est\u00a0<\/strong><strong>de 9 \u00e0 10 g\/dL ;<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u2013 le jury a enfin attir\u00e9 l\u2019attention des m\u00e9decins sur les dangers d\u2019une\u00a0<\/strong><strong>h\u00e9modilution inf\u00e9rieure \u00e0 8 g\/dL, chaque fois que l\u2019on pr\u00e9voit des\u00a0<\/strong><strong>difficult\u00e9s d\u2019h\u00e9mostase, car pour fonctionner pleinement, les plaquettes\u00a0<\/strong><strong>doivent \u00eatre en pr\u00e9sence d\u2019une concentration suffisante d\u2019h\u00e9maties.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9pondre \u00e0 cette question implique de r\u00e9pondre d\u2019abord \u00e0 celle-ci : y\u00a0a-t-il des limites \u00e0 l\u2019h\u00e9modilution, et quelles sont-elles ?\u00a0Les jurys des diverses conf\u00e9rences de consensus ont toujours sembl\u00e9\u00a0\u00e9prouver une certaine difficult\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette question de fa\u00e7on tr\u00e8s\u00a0pr\u00e9cise. 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