Complications des blocs cervicaux

Injection intra-artérielle d’anesthésique local
Le risque d’injection intra-artérielle résulte de la proximité de l’artère vertébrale. L’injection de quelques millilitres de la solution d’anesthésique local est une complication grave qui entraîne immédiatement une crise convulsive ou une apnée.
Cet accident est cependant très rare. Une cécité transitoire est également possible [15].
Paralysie du nerf phrénique
Une atteinte unilatérale et incomplète survient dans la quasitotalité des cas. Elle est favorisée par l’utilisation d’une forte concentration d’anesthésique local. Elle se traduit par une immobilité de l’hémicoupole diaphragmatique qui peut être visualisée en scopie. Elle est asymptomatique dans la plupart des cas et n’entraîne une insuffisance respiratoire aiguë que s’il existe une insuffisance respiratoire chronique préalable, ou en cas de pathologie pulmonaire ou pariétale controlatérale (par exemple, pneumothorax) [16].
Une détresse respiratoire peut survenir lors d’un bloc cervical profond chez un patient présentant une paralysie récurentielle, même controlatérale et asymptomatique [17].
Injection sous-arachnoïdienne
Une injection sous-arachnoïdienne est possible si l’aiguille est introduite trop profondément dans l’espace intervertébral ou au travers du trou de conjugaison [18, 19]. Le tableau clinique est celui d’une rachianesthésie complète avec diffusion de l’anesthésique local dans les espaces sous-arachnoïdiens périencéphaliques, provoquant une anesthésie du bulbe qui se traduit par une perte de conscience, un arrêt respiratoire, une hypotension artérielle profonde et une bradycardie sévère (< 40 b.min–1).
L’intubation et la ventilation contrôlée sont nécessaires, ainsi que l’administration de vasopresseurs pour corriger l’hypotension et la bradycardie. La récupération se fait en quelques heures.
Injection péridurale
Elle est rare et moins grave, car l’anesthésie se limite au cou, à la partie supérieure du thorax et aux membres supérieurs. Le bloc moteur et sympathique est moins intense. Il n’y a pas de passage de la solution d’anesthésique local vers l’encéphale du fait de la réflexion de la dure-mère sur la table interne du trou occipital [8].
Résorption plasmatique
La résorption plasmatique, particulièrement rapide et intense dans les blocs cervicaux, peut conduire à un pic de concentration élevé, et à une toxicité neurologique et cardiaque (convulsions, arrêt cardiaque). Un deuxième pic plasmatique est possible, secondaire aux compléments d’anesthésie injectés par le chirurgien [12, 20]. La bupivacaïne est l’anesthésique local de référence permettant d’assurer un bloc de longue durée. La dose de 150 mg ne doit pas être dépassée, d’autant qu’une instillation complémentaire du bulbe carotidien par de la lidocaïne est parfois nécessaire en peropératoire. La ropivacaïne, dont le potentiel cardiotoxique est moindre, pourrait constituer une solution intéressante bien que sa puissance d’action soit inférieure [21]. La dose de 225 mg de ropivacaïne ne doit dans ce cas pas être dépassée.
Effets secondaires
Un bloc du plexus brachial est possible par diffusion de l’anesthésique local dans l’espace paravertébral.
Une anesthésie du nerf glossopharyngien (IX), du nerf vague (X) ou du nerf laryngé inférieur est responsable d’un enrouement, d’un syndrome de Claude Bernard-Horner (myosis, ptosis, énophtalmie) ou de troubles de la déglutition.